Étiquettes
EDF, Electricité, EPR, Les Syndicats, Nucléaire, Royaume-Uni
Par Ludovic Dupin

Une forte opposition interne existe chez EDF contre le projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Angleterre. Le financier, Thomas Piquemal, tire la sonnette d’alarme en quittant ses fonctions. Le ministre de l’Économie a néanmoins réaffirmé son soutien au projet Hinkley Point.
« L’État soutient pleinement la direction du groupe et le projet Hinkley Point en Angleterre. » Cette déclaration d’Emmanuel Macron, ce lundi 7 mars, vient soutenir EDF sur son projet d’EPR en Angleterre, « qui sera très rentable sur les 30 années à venir » selon le ministre de l’Économie français. Un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron a déclaré que les autorités anglaises « continuaient de soutenir le projet » qualifiant la démission de Thomas Piquemal d’affaire interne à l’entreprise française.
Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF depuis 2010, nommé par l’ex-PDG Henri Proglio, a pourtant démissionné dimanche 6 mars, a confirmé lundi 7 mars au matin l’entreprise. Thomas Piquemal était en désaccord avec le calendrier fixé pour la décision finale d’investissement dans le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point en Angleterre.
« Le groupe EDF annonce la démission de Thomas Piquemal et nomme, avec effet immédiat, Xavier Girre au poste de directeur exécutif Groupe en charge de la direction financière, à titre provisoire », a indiqué EDF dans un communiqué publié lundi matin.
Les syndicats demandent le report
En interne, en particulier du côté des partenaires sociaux, il y a une forte inquiétude sur ce projet et son impact sur la situation financière du groupe. Les syndicats ont demandé son report. Thomas Piquemal, lui, a émis des doutes sur la capacité de l’électricien à lancer ce projet à court terme, EDF étant confrontée à une équation financière difficile.
Le projet d’EPR franco-britannique est considéré comme un pilier des relations franco-britanniques, selon l’Elysée. Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a, pour sa part, jugé devant l’Assemblée nationale qu’il s’agit d’un investissement rentable qui ne dégraderait pas la situation d’EDF.
Le financement des deux EPR d’Hinkley Point serait porté par EDF à hauteur de 66,5 % et par l’électricien chinois CGN à hauteur de 33,5 %, à la suite d’un accord signé par les deux entreprises en octobre 2015. EDF, dont l’Etat détient plus de 84% du capital, a obtenu une garantie de rachat de l’électricité à 92,5 livres par MWh sur 35 ans.