Hillary Clinton se rapproche d’un couronnement chez les démocrates

Le camp républicain s’est rétréci après les primaires de mardi, mais s’est néanmoins assuré d’une bataille plus longue. Le candidat Marco Rubio a suspendu sa campagne après une retentissante défaite contre Donald Trump en Floride. Mais ce dernier n’est pas parvenu à vaincre John Kasich dans son fief de l’Ohio, le privant ainsi de nombreux délégués qui lui auraient donné une avance quasi insurmontable.
Chez les démocrates, Hillary Clinton a de nouveau creusé une avance déjà solide contre Bernie Sanders. Au moment d’écrire ces lignes, elle avait obtenu des victoires écrasantes contre le sénateur du Vermont en Floride et en Caroline du Nord, en plus de ravir l’Ohio, un État du Midwest où Sanders aurait pu surprendre. Dans une joute serrée, les deux candidats bataillaient encore vers 22 h mardi soir pour ravir l’Illinois et le Missouri, les deux autres États qui se prononçaient mardi.Bataille à trois
« Je demande aux Américains de ne pas céder à la peur, de ne pas céder à la colère », a déclaré le sénateur de la Floride Marco Rubio dans son dernier discours en tant que candidat à l’investiture républicaine, après avoir reconnu que les Américains sont depuis plusieurs années déjà en proie à la colère et à la frustration.La course républicaine ne compte donc plus que trois candidats : Donald Trump, Ted Cruz et John Kasich. Le milliardaire new-yorkais mène toujours dans le nombre de délégués, mais ne détient toujours pas les 1237 nécessaires pour ravir l’investiture. S’il avait remporté les 66 délégués de l’Ohio en plus des 99 de la Floride qu’il a effectivement ravis mardi soir, son avance aurait été très difficile à rattraper pour ses rivaux.
Vers 22 h mardi soir, Trump avait déjà ravi l’Illinois et la Caroline du Nord, et menait au Missouri, talonné de près par Ted Cruz. Le sénateur du Texas, bon deuxième chez les républicains en matière de délégués, avait concentré ses récents efforts de campagne dans ces trois États. Contrairement à la Floride et à l’Ohio, qui accordaient l’ensemble de leurs délégués au gagnant dans la formule du « winner-takes-all », deux de ces États (l’Illinois et la Caroline du Nord) distribuaient toujours leurs délégués à la proportionnelle. Même une deuxième place pouvait ainsi octroyer de précieux délégués à Ted Cruz.Il s’agissait de la première victoire de John Kasich, considéré comme un candidat de l’establishment du Parti républicain, depuis le début des primaires. C’était un État qu’il devait impérativement remporter afin de pouvoir rester dans la course. Kasich, qui jouit d’une grande popularité en Ohio, où il en est à son deuxième mandat en tant que gouverneur, avait déjà surpris en obtenant une deuxième place derrière Donald Trump lors de la primaire du New Hampshire. « Vous cherchez un conservateur comme Reagan ? Vous en avez trouvé un », a déclaré sur Twitter la campagne de celui qui s’est toujours posé en républicain modéré refusant d’embarquer dans la joute d’insultes à laquelle Trump s’adonne. « Pendant cette campagne, j’ai abordé les vrais problèmes, je n’ai jamais essayé d’aller ou de participer à ces mêlées qu’on voit maintenant sur les podiums », a-t-il dit, en référence aux escarmouches qui ont eu lieu dans les rassemblements partisans de Donald Trump la fin de semaine dernière.
Cette défaite de Trump en Ohio vient compliquer la course en réduisant les chances qu’il puisse obtenir les 1237 délégués nécessaires pour avoir la majorité d’ici la fin des primaires. Par conséquent, il est désormais plus probable que le candidat républicain à la présidentielle du 8 novembre soit élu au terme d’une « brokered convention » en juillet. Dans une « convention de compromis », qui ne s’est pas vue depuis des décennies dans l’histoire des primaires américaines, l’investiture est négociée, ce qui rend le résultat difficile à prédire.Clinton domine
Au moment d’écrire ces lignes, et en vertu des résultats disponibles, l’équipe de Clinton prévoyait ajouter 300 délégués à l’avance qu’elle détient par rapport à son rival. Avant les primaires de mardi, Clinton avait déjà amassé 1231 délégués, contre 576 pour Bernie Sanders, en incluant les « superdélégués » (environ 15 % du total). Il en faut 2383 pour gagner l’investiture démocrate.« Nous nous rapprochons de l’investiture démocrate et de gagner cette élection [présidentielle] en novembre », a clamé l’ancienne secrétaire d’État devant ses partisans en Floride. Forte de ses victoires, elle a semblé tendre une branche d’olivier à son rival. « Je veux féliciter le sénateur Sanders pour la campagne vigoureuse qu’il mène », a-t-elle déclaré.
Le sénateur du Vermont espérait bien répéter dans le Midwest l’expérience de sa victoire-surprise la semaine dernière dans le Michigan, un État voisin de l’Ohio et à un jet de pierre de l’Illinois. Il l’avait emporté de justesse malgré les sondages qui le plaçaient une vingtaine de points derrière Clinton. Le sénateur du Vermont misait notamment sur sa critique virulente du libre-échange, qui aurait participé au déclin de cette région industrielle et manufacturière.