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 Dix-huit heures ! C’est le temps qu’il a fallu au Quai d’Orsay pour simplement « prendre note » de la décision de Vladimir Poutine de retirer une partie de ses forces de Syrie. La diplomatie française apparaît, une nouvelle fois, comme prise au dépourvu. Cinq ans après le début de la guerre civile syrienne, l’échec est terrible. Un diplomate au cœur du dossier reconnaissait récemment « avoir une visibilité assez moyenne sur le duopole » américano-russe, qui tente, non sans succès, de trouver une issue politique. Paris est hors-jeu. A qui la faute ?

À Laurent Fabius, au premier chef. Avant de s’installer au Conseil constitutionnel, l’ancien ministre des Affaires étrangères a plus que quiconque incarné cette politique de soutien inconditionnel à l’opposition « modérée », tout en misant sur la chute finale de Bachar al-Assad. Au Quai, les analyses différentes étaient vouées aux gémonies. On voit par là où mène le dédain lorsqu’il est conjugué avec la certitude de se situer, quoi qu’il arrive, du côté du Bien. Alain Juppé, qui avait inauguré cette politique en 2011, a eu le courage de reconnaître son erreur.

La responsabilité de François Hollande n’est pas moindre. On se souvient qu’en août 2013, le chef de l’État souhaitait « punir » Bachar après l’emploi d’armes chimiques à Damas. Barack Obama ne l’a pas voulu, au grand dam de Paris. Mais dénoncer, depuis lors, la pusillanimité de l’Américain ne constitue pas une politique. François Hollande se devait d’agir dans le monde tel qu’il est et non dans celui qu’il aurait aimé qu’il fût. Un monde dans lequel les Russes manœuvrent avec audace, alors que les Américains, las de leurs guerres, ne le font plus.

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