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Ensemble à Gauche, féministes, Genève, Maria Pérez, SolidaritéS
Après avoir revêtu un foulard pour montrer sa solidarité envers les femmes voilées en plein débat sur la laïcité, Maria Pérez, élue municipale d’Ensemble à Gauche (EàG), a dû faire face à de nombreuses attaques. Image: DR
Une «hystérique», «politicienne médiocre», «actrice ratée», au bénéfice d’un «grave dérèglement psycho pathologique»: après avoir revêtu un foulard pour montrer sa solidarité envers les femmes voilées en plein débat sur la laïcité, Maria Pérez, élue municipale d’Ensemble à Gauche (EàG), a dû faire face la semaine dernière à de nombreuses attaques, provenant notamment de son propre groupe. Des attaques que SolidaritéS, l’une des composantes du parti, qualifie aujourd’hui de sexistes. «Il y a eu un véritable déchaînement sur les réseaux sociaux et dans la presse, faisant référence à son physique, à sa santé mentale. Envers un homme, les critiques n’auraient pas été de cette nature. La preuve: son collègue Tobias Schnebli s’était lui aussi couvert la tête. Il n’a pas eu à faire face à cela», note Pablo Cruchon, porte-parole de SolidaritéS.
Selon lui, cela a influencé la suite de la séance puisque le président de l’assemblée, le MCG Carlos Medeiros avait alors décidé de stopper les débats devant le refus de Maria Pérez de se découvrir. «S’il s’était contenté de passer la parole plus loin, cela aurait annihilé l’effet. Quand le PS avait affiché des tracts pour défendre la cause des gays et lesbiennes, on ne leur a pas reproché de museler les débats.»
La député d’EàG Salika Wenger admet le caractère sexiste des insultes contre Maria Pérez, «mais elle a tendu le bâton pour se faire battre. Elle s’est couverte d’un foulard, signe d’acceptation de la domination, et en a payé les conséquences. Elle a froissé tout le monde, y compris les féministes.» Pierre Gauthier, conseiller municipal et député du même groupe, s’étonne de «l’incohérence» du geste de sa collègue consistant à «revêtir le symbole de l’asservissement des femmes en prétendant se battre pour leurs droits».
Maria Pérez, elle, dit défendre le droit des femmes «à décider elles-mêmes de ce qui est bon pour elles. Quant aux insultes dénigrant ma personne, il est curieux de voir qu’elles proviennent de gens qui se targuent d’être féministes.»
Ces tensions exacerbent-elles les dissensions au sein d’EàG sur la laïcité? «EàG est constitué de différentes entités. Il est logique qu’elles n’aient pas toujours le même avis, d’autant plus sur une question aussi délicate que celle-ci», note la conseillère municipale Hélène Ecuyer. Pierre Gauthier s’interroge néanmoins sur «la volonté réelle de SolidaritéS, qui multiplie actuellement les actes belliqueux au sein de l’alliance». (TDG)