La cité était occupée par l’EI depuis un an. Image: Archives/AFPL’armée syrienne, appuyée par l’allié russe, a repris dimanche le contrôle de la cité antique de Palmyre après en avoir chassé les djihadistes du groupe Etat islamique.
Cette victoire a une valeur à la fois symbolique et stratégique pour le régime de Bachar el-Assad.
«Après de violents combats nocturnes, l’armée contrôle entièrement la ville de Palmyre, y compris le site antique et la partie résidentielle. Ils (les djihadistes) s’en sont retirés», a dit une source militaire sur place dans cette ville du centre de la Syrie.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) est plus nuancé. Il affirme qu’il y avait toujours des tirs dans la partie orientale de la ville samedi matin, mais que l’essentiel des combattants de l’EI s’étaient retirés en direction de l’est, laissant Palmyre sous le contrôle de l’armée.
La plus grande défaite de l’EI
Selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, 400 djihadistes de l’EI ont péri dans la bataille de Palmyre. Il s’agit de la plus grande défaite à ses yeux pour cette organisation depuis qu’elle a proclamé en 2014 la mise en place d’un califat dans les zones de Syrie et d’Irak sous son contrôle.
#Alerte / #Syrie : L’armée du régime reprend la totalité de #Palmyre à l’#Etatislamique
«C’est une défaite symbolique pour l’EI semblable à celle de Kobané», la ville kurde d’où les djihadistes ont été chassés par les forces kurdes appuyées par l’aviation de la coalition menée par Washington.
Accès au grand désert syrien
Selon M. Abdel Rahmane, en perdant Palmyre, «l’EI perd automatiquement le grand désert syrien». Le régime Assad pourra avancer vers la frontière avec l’Irak, contrôlée en grande partie par les djihadistes.
Soutenue par l’aviation et les forces spéciales russes ainsi que par le Hezbollah libanais, l’armée syrienne avait lancé l’offensive le 7 pour reprendre cette ville et ses ruines antiques à l’EI qui s’en était emparé en mai 2015. Selon l’OSDH, le régime syrien a perdu 180 hommes dans cette opération de reconquête.
D’après la source militaire, les combattants de l’EI «se sont repliés vers Sokhné (à l’est de Palmyre), Raqa et Deir Ezzor», leurs fiefs dans le nord et l’est de la Syrie. «Les unités d’ingénierie de l’armée sont en train de désamorcer des dizaines de bombes et de mines à l’intérieur de la cité antique» qui contient des trésors détruits en partie par le groupe extrémiste, a-t-elle ajouté.
Ruines désertes en raison des mines
Le secteur des ruines antiques était déjà totalement désert la veille. Personne n’ose s’y aventurer à cause des mines posées par les djihadistes et parce que le terrain est totalement à découvert et donc exposé à des tirs de snipers, selon un journaliste de l’AFP.
Le groupe djihadiste a amputé Palmyre de ses plus beaux temples, ceux de Bêl et Baalshamin, détruits à coups d’explosifs. Et en septembre, il a détruit plusieurs des tours funéraires de la cité, avant de réduire en poussière le célèbre Arc de triomphe, symbole de l’essor de cette ville vieille de plus de 2000 ans.
Avant le début du conflit en Syrie en 2011, plus de 150’000 touristes visitaient cette oasis du désert située à 210 km au nord-est de Damas, aux 1000 colonnes, aux statues et à la formidable nécropole de 500 tombes.
En finir avec l’EI
En Irak, l’EI est aussi la cible d’une large offensive de l’armée irakienne qui cherche à reprendre son fief de Mossoul, la deuxième ville du pays située dans le Nord. Les grandes puissances sont déterminées à en finir avec ce groupe ultraradical qui vient de revendiquer les attentats de Bruxelles, quatre mois après avoir revendiqué ceux de Paris. (afp/nxp)
