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A +0,6 %, la croissance de la zone euro marque une nette accélération par rapport à la fin 2015 – ShutterstockA +0,6% par rapport au trimestre précédent, et +1,6% par rapport aux trois premiers mois de l’an dernier, la croissance retrouve ainsi ses niveaux d’avant crise.Deuxième bonne nouvelle de la journée en matière de conjoncture, après le chiffre publié par l’INSEE ce vendredi matin sur une croissance française encourageante au premier trimestre (+0,5 %) : Eurostat a annoncé vendredi, dans une première estimation, une progression du PIB de la zone euro elle aussi meilleure qu’attendu sur les trois premiers mois de l’année, à +06 %, soit +1,6 % par rapport au premier trimestre 2015, et le double du chiffre atteint aux quatrième et troisième trimestres 2015. La croissance retrouve ainsi ses niveaux d’avant crise.
Sur 3 mois, mieux que les Etats-Unis et le Royaume-Uni
La croissance dans les 19 pays membres de l’eurozone marque ainsi une nette accélération par rapport à la fin 2015, puisque la croissance de la période octobre-décembre n’avait été que de 0,3%. Les économistes, eux, prévoyaient généralement en moyenne une croissance de 0,4% par rapport au dernier trimestre 2015, et de 1,4% sur un an. Elle fait mieux -du moins sur cette courte période- que l’Union dans son ensemble, que le Royaume-Uni, et même les Etats-Unis. Pour l’Union européenne à 28, la croissance du premier trimestre est estimée à 0,5% par rapport aux trois mois précédents, et à 1,7% par rapport à janvier-mars 2015, précise Eurostat.
Euro Zone GDP growth outpaces UK & US in 1st 3 months of 2016:
Eurozone 0.6%
EU 0.5%
UK 0.4%
US 0.1%via @fastFT
Cette amélioration « a été probablement soutenue par les dépenses des consommateurs, mais aussi, d’après des données en provenance de France et d’Autriche, par la bonne tenue des investissements d’entreprises », a affirmé Howard Archer, analyste d’IHS Global, alors que Bert Colijn, analyste de l’institution financière néerlandaise ING, estimait que « la zone euro défie les turbulences mondiales ».
Le chômage au plus bas depuis près de cinq ans
Autre point positif relevé par Eursotat : le taux de chômage dans la zone euro a reculé plus qu’attendu à 10,2% en mars, revenant à son plus bas niveau depuis près de cinq ans (depuis août 2011) après être resté à 10,4% sur les trois mois précédents. Sur un an, le taux de chômage des 19 pays ayant adopté la monnaie unique recule ainsi d’un point. De fortes disparités subsistent toutefois entre eux : le taux de chômage le plus faible en mars a été enregistré en Allemagne (4,2%), alors qu’il s’établissait en Grèce à 24,4% – en janvier 2016, faute de chiffres disponibles pour février et mars – et en Espagne à 20,4%. La France est globalement dans la moyenne, à 10,0%
Pour l’ensemble de l’Union européenne, le taux de chômage ressort lui aussi en baisse, à 8,8% en mars après 8,9% en avril.
Baisse des prix
Un chiffre rendra cependant soucieux les dirigeants de la zone euro, et ceux de la Banque centrale européenne en particulier qui depuis des mois fait tout son possible pour relancer la croissance et les prix : les prix à la consommation dans la zone ont baissé en avril de 0,2%, après une inflation nulle en mars, constate Eurostat, un chiffre bien moins bon que ce qu’attendaient les analystes (0%). Sans surprise, ce sont à nouveau les prix de l’énergie qui ont le plus tiré vers le bas le taux d’inflation : en avril, les prix de l’énergie ont reculé de 8,6%, après -8,7% en mars et -8,1% en février. L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac), plus révélatrice de la tendance puisqu’elle ne comprend pas les produits plus volatils, a elle aussi ralenti de manière « inquiétante », indique-t-on sur les marchés, à +0,8% en avril, contre +1,0% en mars.

