Étiquettes
Arabie Saoudite, Coventry, désinformation, L’OSDH, Le Qatar, magasin de vêtements, Oussama Ali Suleiman, Rami Abdul Rahman, Syrie, UE
Suite à notre article [L’Expression du 22 mai 2016] sur les pratiques de désinformation de l’Osdh (Observateur syrien des droits de l’homme), source unique de la presse internationale sur les évènements de Syrie, un de nos lecteurs s’interrogeait sur son financement.
En effet, qui finance une organisation dont le seul représentant connu est un certain, Rami Abdul Rahman (un pseudonyme qui cache un opposant au régime syrien, Oussama Ali Suleiman), qui travaille à partir de son domicile à Coventry, en Angleterre, de l’autre côté de la mer Méditerranée. Autant dire en première ligne du front de la guerre en Syrie!!? Ce qui déjà disqualifie et doit disqualifier l’homme et son organisation.
D’ailleurs, nombre de diplomates, journalistes et chercheurs, doutent de plus en plus de la fiabilité et de la neutralité de cet organisme dont les informations sont par trop orientées. En effet, c’est quoi une organisation censée dénoncer les atteintes aux droits de l’homme [d’où qu’ils viennent] qui se focalise sur les seuls actes du régime syrien, tout en ignorant les exactions des autres parties, rebelles et jihadistes? Or, c’est l’Osdh qui alimente en surmultiplié les médias mondiaux. Il est quasiment impossible de parler de la Syrie sans citer cette «ONG».
Raison pour laquelle nous avons axé notre propos sur la désinformation, mensonges et propagandes qui ont marqué ces dernières années les dramatiques évènements de Syrie. Une organisation non gouvernementale [ONG] singulièrement lorsqu’elle se donne pour mission la défense des droits de l’homme, ce qui est une excellente chose, doit bénéficier d’un personnel expérimenté et, surtout, disposer de moyens structurels, humains et financiers importants. L’Osdh est-il dans cette perspective? Observe-t-il les normes en la matière? Des questions légitimes qui ne trouvent pas leur réponse dans le cadre d’un contentieux [la guerre de Syrie] provoqué par des forces extérieures ou syriennes manipulées par des puissances étrangères.
C’est dans ce contexte que la question du financement de l’Osdh est pertinente. Selon les sources et documents consultés, l’Osdh ne semble avoir ni conseil d’administration (CA) ni budget de fonctionnement propre à toute ONG qui se respecte et se veut crédible dans son travail. Or, en guise de CA, l’Osdh est représenté par un seul homme, Rami Abdul Rahman, son directeur et informateur qui gère [avec son épouse] une boutique de prêt-à-porter. Voilà ce qu’écrivait l’agence britannique Reuters en décembre 2011: «Lorsqu’il n’est pas en train de répondre aux appels des médias internationaux, Abdul Rahman est en bas de la rue, dans son magasin de vêtements, qu’il dirige avec sa femme.» On peut donc présumer que ce n’est guère avec les revenus de sa boutique que le «directeur» de l’Osdh finance son «réseau» d’informateurs qui couvriraient la guerre sur le terrain en Syrie? Il arrive toutefois que la presse mondiale prise de scrupules rappelle que l’homme travaille [seul] à des milliers de kilomètres des lieux de combats en Syrie.
D’où la question: d’où Rami Abdul Rahman tire-t-il ses finances et qui est derrière ce mystérieux Osdh? Selon les informations que distille l’Osdh – noircissant à outrance le régime syrien, faisant de Bachar al-Assad un monstre – il est patent que ce dernier applique un agenda, probablement décidé ailleurs. Qui sont intéressés à la chute du régime de Bachar al-Assad et prêts à y mettre le prix? Nombre de documents citent en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, lesquels ont été très actifs et dépensé beaucoup d’argent pour faire tomber le président syrien.
D’autres sources indiquent que ledit «Observatoire syrien des droits de l’homme» ferait partie des heureux bénéficiaires (syriens) de la manne des pétrodollars «khalijis». Mais pas que. Les Etats-Unis et des pays européens financent de leurs côtés nombre d’organisations syriennes dont l’objectif premier reste la chute d’Al-Assad. Le chercheur et géopoliticien, Tony Cartalucci, qui se penche sur le cas «Osdh» [«’Pro-Democracy Terrorism »: The Syrian Observatory for Human Rights is a Propaganda Front funded by the EU» (L’Osdh, une fraude financée par l’UE)] revient sur cette énigmatique ONG tentant de démêler l’écheveau de l’homme et de son organisation offrant des pistes de réflexion.
En novembre 2011, quelques mois après le début de la guerre en Syrie [mars 2011], Rami Abdul Rahman est reçu par l’ancien ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en même temps que des opposants syriens. Ce qui en dit long sur l’implication de la Grande-Bretagne dans la crise syrienne. Le New York Times avait, en 2013, levé un petit voile en révélant que «l’opération» Abdul Rahman «est financée par l’Union européenne» et «un pays européen» dont le journal new-yorkais ne cite pas le nom. Probablement la Grande-Bretagne, mais également la France, très active dans le soutien à l’opposition syrienne. De fait, la crise et la guerre en Syrie n’ont pas encore livré leurs tenants et aboutissants, mais le crime contre la Syrie se précise.