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par François Ballarin

Aujourd’hui s’ouvre à Paris, à l’initiative de la diplomatie française, une Conférence Internationale visant à relancer le processus de paix entre Israël et la Palestine.

L’Américain John Kerry et le Russe Sergueï Lavrov seront là, tout comme Federica Mogherini, la patronne de la diplomatie européenne, et Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU. Également invités, les ministres des Affaires étrangères de Chine et du Royaume-Uni (membres du Conseil de sécurité), d’Arabie saoudite, de Jordanie, d’Égypte et du Maroc (porteurs de l’initiative de paix arabe de 2002), ceux des pays européens impliqués (Italie, Espagne, Allemagne, Suède), du Japon qui préside le G7, de l’Indonésie qui préside l’Organisation de la coopération islamique, de Norvège (ex-hôte des négociations secrètes précédant les fameux accords d’Oslo) et de Suisse où sont basées les grandes agences onusiennes et la Croix-Rouge internationale.

Cette conférence doit permettre de débloquer le processus de paix entre Israël et la Palestine.  L’objectif est de faire en sorte que Palestiniens et Israéliens renouent le dialogue de façon directe. « Il y a un refus israélien. Le gouvernement est encore plus à droite qu’auparavant. Et même si officiellement les Israéliens se disent prêts à négocier, en réalité, ils ne le veulent pas. Par ailleurs, du côté palestinien, il y a le problème de la division entre le Fatah et le Hamas. La France n’a pas voulu laisser le dossier en l’état, et le relancer pour éviter de faire le point, et remobiliser la communauté internationale, relativement impuissante » explique Pascal Boniface, directeur de Institut de Relations Internationales et Stratégiques.

Ce spécialiste des relations internationales ajoute que la communauté internationale peut difficilement peser sur les négociations entre Israël et la Palestine, dans la mesure où Israël refuse tout diktat international. La communauté internationale demande certaines choses à Israël, qui refuse pour l’instant, donc il ne se passe rien.

Cette réunion, à l’initiative de la France, pose cependant certaines questions. « On peut penser qu’il y a assez peu de chances que la France réussisse là où tout le monde a échoué. Mais l’idée française est de ne pas laisser dormir ce dossier. Si on ne fait rien, la situation va se dégrader. Cela dit, la France est moins active sur cette question qu’elle ne le fut dans le passé, mais c’est le pays occidental qui se mobilise le plus actuellement » précise Pascal Boniface.

Depuis le début du processus de paix, les colons israéliens continuent à s’installer dans les territoires palestiniens. Côté palestinien, le Hamas semble de plus en plus puissant, et tente toujours de faire passer des armes pour frapper les civils israéliens et les soldats de Tsahal.  Sur le terrain la situation se dégrade. « La colonisation se poursuit, et certains se demandent même si la création d’un Etat palestinien est techniquement possible, du fait du morcèlement des territoires palestiniens. Le bloc de colons est très important aujourd’hui. Ce qui ne manque pas de renforcer la propagande du Hamas auprès d’une partie de la population palestinienne » conclut le directeur de l’IRIS.

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