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Eurostat vient de publier une synthèse sur les naturalisations en Europe en 2014. Celles-ci se sont élevées à environ 890.000, et ont bénéficié à 92.000 Marocains, 41.000 Albanais et 37.000 Turcs.
En voici le tableau récapitulatif:
Source: Eurostat
On s’aperçoit donc de la relative dispersion du phénomène, avec certains pics, comme la naturalisation des sud-américains en Espagne.
D’autres phénomènes sont plus intrigants, comme la faible proportion de naturalisations pour les Chinois (seulement 11.000), dont près du tiers a lieu en Grande-Bretagne. La France a naturalisé moins de 2.000 Chinois, quand elle naturalisait plus de 15.000 Marocains. Au passage, s’agissant de cette dernière nationalité, l’Espagne et l’Italie se montre plus accommodante sur leur naturalisation…
Qui sont les champions des naturalisations en Europe?
Si l’on change de point de vue maintenant, et que l’on examine non plus les naturalisants mais les naturalisés, on trouve le tableau suivant:
Source: Eurostat
Avec 200.000 naturalisations, l’Espagne est de loin le pays le plus « intégrateur », puisqu’elle prend à son compte plus de 20% de « l’effort » européen. Toutefois, l’Espagne fait le choix de naturaliser par saupoudrage. Le plus gros contingent de naturalisations est celui des Marocains (voisins et mitoyens de l’Espagne, rappelons-le) qui ne représentent même pas 10% du volume global de naturalisés.
La France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni naturalisent entre 100.000 et 125.000 étrangers.
En France, l’effort est moins dispersé qu’en Espagne. On peut même parler de politique inversée, puisque les Marocains, les Algériens et les Tunisiens représentent à eux seuls plus du tiers du volume global de naturalisations.
En Italie, en Allemagne et au Royaume-Uni, on retrouve des politiques relativement proches de celles menées en France.
La Suède championne d’Europe des naturalisations
Le tableau ci-dessous complète la description, en analysant le taux de naturalisation par habitants:
Source: Eurostat
Contrairement aux apparences et aux lieux communs, la Hongrie est l’un des pays les plus ouverts d’Europe, avec plus de 6 naturalisations pour 100 habitants (2è place après la Suède). Les Hongrois intègrent massivement des Ukrainiens et des Roumains. Dans les mauvais élèves de la classe, on retrouve les pays placés sous influence germanique: les Etats Baltes, la Slovaquie, l’Autriche, la Slovénie, la République Tchèque. L’Allemagne en elle-même se situe sous la moyenne européenne.