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Par Anne-Laure Frémont

Des policiers patrouillent sur la promenade des Anglais, samedi, deux jours après l'attentat qui a fait 84 morts.

 Les enquêteurs tentent toujours de cerner la personnalité de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice qui a fait 84 morts. Les interpellations se poursuivent.

Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait repéré les lieux, et orchestré le massacre des jours auparavant. L’auteur de l’attentat de la Promenade des Anglais de Nice avait repéré les lieux les 12 et 13 juillet avec son poids lourd loué, qui a servi à perpétrer le carnage du 14 juillet, selon une source proche du dossier citée par l’AFP. Et selon les informations de notre journaliste Christophe Cornevin, le tueur a réservé dès le 4 juillet le camion frigorifique à Saint-Laurent-du-Var. Comme l’a précisé le procureur Molins, il a ensuite récupéré l’engin de 19 tonnes le 11 juillet et devait le rendre la veille de son équipée sanglante.

• Le pronostic vital toujours engagé pour 18 personnes. En fonçant à bord d’un camion sur la foule, le tueur a fait 84 morts, dont dix enfants et adolescents. Le pronostic vital est toujours engagé pour 18 personnes, dont un enfant, a affirmé ce dimanche matin Marisol Touraine, la ministre de la Santé. Au moins une dizaine de personnes» de la communauté russe de Nice, «sans doute plus», ont été tuées ou blessées dans l’attentat, selon certains de ses représentants cités dimanche. Au moins 17 étrangers figurent également parmi les morts.

• Deux nouvelles interpellations, fin de la garde à vue pour l’épouse du tueur. Les deux personnes interpellées dimanche, un homme et une femme, font partie de l’entourage de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, selon une source policière. Ces nouvelles interpellations viennent s’ajouter aux cinq gardes à vue, celles de quatre hommes et de l’ex-épouse du tueur. Cette dernière, en instance de divorce avec Lahouaiej-Bouhlel, a toutefois été relâchée ce dimanche matin. Elle était interrogée depuis vendredi matin. «Aucune charge n’a été retenue contre elle», a confirmé une source proche de l’enquête.

Un des gardés à vue, un homme de 22 ans qui connaissait le terroriste «depuis quelques mois», a déclaré que ce dernier «était intégré, il connaissait beaucoup de monde», rapporte son avocat. Le gardé à vue «ne s’est jamais radicalisé, donc de facto il n’aurait jamais pu être sur la même conduite de vie que M.Bouhlel», a ajouté Me Jean-Pascal Padovani, précisant: «il ne pouvait pas être assez dans l’intimité de M.Bouhlel pour l’avoir remarquée, cette radicalisation». Dans les affaires de terrorisme, la garde à vue peut atteindre 96 heures en France, soit 48 heures de plus que la durée d’une garde à vue dans les affaires de droit commun.

• Des centaines de témoins déjà entendus. Plusieurs témoins interrogés, parmi la centaine déjà entendue, ont évoqué la religiosité du Tunisien. Son père avait pourtant affirmé qu’il n’avait «aucun lien avec la religion». L’auteur de l’attentat, revendiqué par le groupe État islamique, semblait jusque-là avoir davantage un profil de déséquilibré, inconnu des services de renseignement français, seulement connu pour des faits de délinquance ordinaire. «Il semble» que le chauffeur livreur tunisien de 31 ans se soit «radicalisé très rapidement», a ainsi déclaré samedi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

• Un «frimeur» et un «dragueur». Dans la petite salle de sport du centre de Nice que fréquentait jusqu’à il y a deux ans environ Mohamed Lahouaiej Bouhlel, les abonnés se souviennent d’un «frimeur», un «dragueur», a raconté dimanche à l’AFP un témoin. «Limite, il était lourd», rapporte ce témoin. Une femme qui avait eu à subir ses avances évoque «quelqu’un qui draguait tout ce qui bouge». Selon un autre témoin de cette salle de sport, cité par Nice-Matin, Mohamed Lahouaiej «prenait pas mal de trucs pour se muscler, il se piquait avec des stéroïdes anabolisants, pour la gonflette».

• «J’ai tiré jusqu’à ce qu’il ne bouge plus.» RMC a pu consulter le PV d’audition des trois policiers qui sont intervenus pour stopper le conducteur. Selon le site de BFMTV, qui en raconte le contenu, ils ont reçu vers 22h45 un appel radio les informant qu’un camion avait pénétré sur l’avenue et ont immédiatement couru en sa direction, armés. Selon eux, le poids lourd réalisait bien des embardées volontaires pour faire le maximum de victimes. «Arrivés à hauteur du camion, les policiers aperçoivent un civil, hissé sur le marchepied, qui essaie d’intervenir, dans un acte héroïque, pour maîtriser le conducteur. Une première détonation résonne, le véhicule s’arrête. Mohamed Lahouaiej Bouhlel vient de tirer», relate BFMTV. Un échange de tirs s’ensuit. L’un des gardiens de la paix, qui compte neuf ans de service, se protégeait derrière un palmier: «J’ai tiré pour le neutraliser, j’ai tiré jusqu’à ce qu’il ne bouge plus.» À eux trois, les policiers ont tiré à 27 reprises.

Lefigaro.fr (Avec agences)