Turquie: au moins 50 morts et près de 100 blessés dans un attentat lors d’un mariage

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Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, le groupe État islamique est l’auteur de l’attentat à la bombe.
©AFP
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan estime «  probable  » que le groupe Etat islamique soit l’auteur de l’attentat qui a fait au moins 50 morts et près de 100 blessés à un mariage samedi à Gaziantep, ville du sud-est de la Turquie proche de la frontière syrienne.

Sur la chaîne de télévision CNN-Turk, le gouverneur de la province Ali Yerlikaya a indiqué dans la nuit que le bilan s’élevait à au moins 50 morts et 94 blessés.

https://youtu.be/fxxxprrdY7s

M. Yerlikaya avait évoqué auparavant « un affreux attentat terroriste », peut-être perpétré par un kamikaze, «  lors d’un mariage  ».

«  Nous condamnons les traîtres qui ont organisé et perpétré cette attaque  », a indiqué le gouvernorat de la province dans un communiqué.

Dimanche matin, Recep Tayyip Erdogan a pointé du doigt l’EI. Dans un communiqué, le chef de l’Etat a dit ne faire «  aucune différence  » entre le prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu’il accuse d’avoir ourdi le coup d’Etat raté du 15 juillet, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupe jihadiste EI, « probable auteur de l’attentat de Gaziantep  ».

«  Notre pays, notre nation ne peuvent que réitérer un seul et même message à ceux qui nous attaquent : vous échouerez  ! », a-t-il encore écrit.

« Beaucoup de Kurdes ont perdu la vie »

Un responsable turc a indiqué que le mariage «  se déroulait en plein air  » et dans un quartier du centre de Gaziantep à forte concentration kurde, ce qui renforçait les spéculations sur un attentat jihadiste.

De nombreux Kurdes participaient au mariage, où étaient présents un grand nombre de femmes et d’enfants. « Beaucoup de Kurdes ont perdu la vie », a déploré le parti pro-kurde HDP, condamnant l’attentat dans un email.

M. Erdogan a d’ailleurs jugé que les auteurs de l’attaque avaient pour objectif de semer la division entre les différents groupes ethniques vivant en Turquie.

Nombre de jihadistes perçoivent les Kurdes comme des ennemis ; en Syrie voisine, les milices kurdes affrontent les membres de l’EI.

Ballets d’ambulances

Les télévisions ont montré des ballets d’ambulances arrivant sur les lieux où des corps gisant au sol étaient recouverts de draps blancs.

Des personnes sont arrivées sur place en brandissant le drapeau turc et criant «  Le pays ne peut pas être divisé  », mais d’autres ont tenté de leur arracher leur drapeaux et la police a tiré en l’air pour les disperser.

Comme pour chaque attentat majeur, les autorités turques ont interdit la diffusion d’images en direct par les télévisions et réseaux sociaux.

Le vice-Premier ministre Mehmet Sismek, également député de Gaziantep, a jugé « barbare d’attaquer un mariage ». «  L’objectif de la terreur est d’effrayer les gens, mais nous n’accepterons pas cela  », a-t-il dit à la télévision.

Il a lui aussi évoqué la possibilité d’un attentat-suicide.

Le sud-est et l’est de la Turquie ont été secoués en milieu de semaine par trois attentats qui ont fait 14 morts et été attribués par Ankara au PKK.

La guérilla kurde semble, après une relative trêve à la suite du coup d’Etat manqué du 15 juillet en Turquie, avoir repris une campagne intense d’attentats contre des cibles des forces de sécurité.

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