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Par Jean-Christophe Chanut 

En dehors des ténors du parti "Les Républicains" assurés des parrainages nécessaires pour participer à la primaire de la droite, Jean-François Copé a aussi réussi à se qualifier. En revanche la situation reste incertaine pour Hervé Mariton et Nathalie Kosciusko Morizet. Tous les autres candidats potentiels ne passeront pas l'obstacle des parrainages.
En dehors des ténors du parti « Les Républicains » assurés des parrainages nécessaires pour participer à la primaire de la droite, Jean-François Copé a aussi réussi à se qualifier. En revanche la situation reste incertaine pour Hervé Mariton et Nathalie Kosciusko Morizet. Tous les autres candidats potentiels ne passeront pas l’obstacle des parrainages. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Sur la grosse douzaine de candidats potentiels à la primaire de la droite, ils ne seront au maximum que 8 à pouvoir postuler. Derrière les ténors assurés des parrainages nécessaires, parmi les « petits » candidats, Jean-François Copé est parvenu à se qualifier alors que le suspens reste entier pour Hervé Mariton et, surtout, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le calendrier s’accélère pour les candidats à la primaire de la droite et du centre. Et la chasse aux parrainages s’intensifie pour les « petits » candidats. C’est en effet le 9 septembre que l’on connaîtra réellement ceux qui pourront postuler et ceux qui seront finalement recalés faute d’avoir pu fournir un nombre de parrainage suffisant. Une revue de détail des acteurs et des règles du jeu s’impose à ce stade d’une compétition inédite pour ce camp politique qui, à la différence de la gauche, ne s’est jamais livré à ce genre d’exercice pour désigner son « champion » qui pourra le représenter à l’élection présidentielle du printemps 2017.

Un calendrier très précis

La date limite pour le dépôt des candidatures a donc été fixée au 9 septembre. Ce qui signifie qu’à cette date les candidats potentiels devront déposer la liste complète des parrainages nécessaires. Ensuite, la liste définitive des candidats sera connue le 21 septembre, date qui marquera le début de la campagne officielle. A noter que si Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à la primaire le 22 août c’est en raison des statuts de la primaire qui prévoyaient en effet que, s’il voulait postuler, il devait obligatoirement quitter ses fonctions de président du parti « Les Républicain » quinze jours avant le 9 septembre, soit le 25 août au plus tard. Le premier tour aura lieu le dimanche 20 novembre. Puis, si aucun candidat n’obtient plus de 50% des suffrages exprimés – ce qui sera certainement le cas – un second tour sera organisé le 27 novembre pour départager les deux candidats les mieux placés.

Le barrage des parrainages

Pour participer à la « primaire ouverte », les candidats issus du parti « Les Républicains » devront recueillir les parrainages d’au moins 250 élus, dont au moins 20 parlementaires, répartis sur au moins 30 départements, ainsi que de 2.500 militants originaires d’au moins 15 départements différents. Actuellement, le parti « Les Républicains » compte 196 députés, 144 sénateurs et 20 députés européens. Mais, bien que les militants de l’UDI – le parti centriste présidé par Jean-Christophe Lagarde – se soient prononcés contre la participation de leur formation à la primaire, rien n’empêche en revanche les élus (et assimilés) de ce parti (29 députés, 42 sénateurs et 7 députés européens) d’apporter leur parrainage, à la condition qu’ils signent une charte d’adhésion aux valeurs de la droite. Une disposition qui a d’ailleurs fait hurler Nathalie Kosciusko Morizet, candidate (LR) à la primaire, qui comptait récolter quelques parrainages d’élus de gauche ou non-inscrits pour pouvoir se présenter. Or, l’obligation d’adhérer à la « charte des valeurs de droite » lui coupe l’herbe sous le pied.

Vers six à huit candidats

Dans ces conditions, qui de la douzaine de candidats déclarés à la primaire aura les soutiens suffisants pour réellement participer ?

Pour les « gros » candidats, il n’y a aucun problème, il ont déjà leurs parrainages. Entrent dans cette catégorie : Nicolas Sarkozy (LR), ancien président de la République ; Alain Juppé (LR), maire de Bordeaux et ancien premier ministre ; François Fillon (LR) député de Paris et ancien Premier ministre ; Bruno Le Maire (LR) ancien ministre de l’Agriculture et député de l’Eure.

Pour Jean-François Copé (LR) ancien ministre, ancien président de l’UMP (devenu « Les Républicains » et député maire de Meaux, les choses ont été plus difficiles mais l’histoire s’est bien terminée car depuis le samedi 27 août il obtenu tous les soutiens requis : 27 parlementaires et plus de 2.800 militants.

Un autre candidat « surprise » est lui aussi qualifié. Il s’agit de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate fondé par Christine Boutin et député des Yvelines. Non membre du parti « Les Républicains », il n’était pas soumis à la règle des parrainages et pourra donc figurer parmi les concurrents.

Pour un deuxième groupe, la situation est  plus incertaine. Selon nos informations, Hervé Mariton (LR), député de la Drôme, maire de Crest et ancien ministre, aurait déjà obtenu 17 parrainages de parlementaires et espère bien « accrocher » les 3 manquants d’ici le 9 septembre. Il aurait également déjà dépassé le seuil des 80% des 2.500 signatures nécessaires de militants.

Reste le « cas » Nathalie Kosciusko Morizet (LR), députée de l’Essonne, conseillère de Paris, ancienne ministre. NKM a alerté à plusieurs reprises qu’elle n’arrivait pas à obtenir le soutien de 20 parlementaires et a regretté que, dans ces conditions, il y ait le  risque qu’aucune femme ne participe réellement à la primaire. Aussi, autant par calcul politique que pour des raisons démocratiques, Alain Juppé a décidé de voler au secours de l’élue de Paris en demandant à ses réseaux de donner un coup de main à NKM. D’ailleurs, intervenant mardi 30 août sur France Inter, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et soutien d’Alain Juppé, a réitéré le souhait de voir NKM concourir. Du côté de chez François Fillon c’est le même état d’esprit qui règne.

Ainsi, ce mercredi 31 août, Gilles Carrez, député LR président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale et soutien de François Fillon, a annoncé qu’il parrainait NKM. Pour autant, selon nos informations, la conseillère de Paris ne serait pas encore sauvée, elle n’aurait que 10 à 12 parlementaires dans son escarcelle et serait loin d’avoir le soutien de 2.500 militants. Pour elle, la course contre la montre d’ici le 9 septembre est donc engagée.

Reste donc un dernier groupe qui ne passerait pas la barre. Il s’agit d’Henri Guaino (LR), député des Yvelines et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui a la particularité d’avoir annoncé que même en cas d’échec à la primaire, il n’excluait pas de se présenter directement à l’élection présidentielle ; Frédéric Lefebvre (LR), député des Français de l’étranger (Amérique du Nord) et ancien ministre ; Geoffroy Didier (LR), vice-président de la région Ile-de-France ; Nadine Morano (LR), députée européenne et ancienne ministre; Jacques Myard (LR), député des Yvelines, maire de Maisons-Laffitte  Mais tout n’est pas perdu pour les « recalés ». Certains d’entre eux espèrent des postes ministériels en annonçant leur ralliement à tel ou tel candidat… Ils doivent juste miser sur le bon cheval.

In fine donc, il y aura au minimum six candidats à la primaire de droite et huit au maximum. Pas très loin du pronostic formulé par le grand organisateur de la primaire le député LR Thierry Solère  qui misait sur « cinq ou six candidatures ».

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