Un char turc se dirige vers la frontière syrienne à Karkamis, le 4 septembre 2016 / AP© Ismail Coskun
Les dernières positions du groupe terroriste le long de la frontière turque ont été défaites dimanche. Les quartiers Est d’Alep sont quant à eux de nouveau assiégés par les forces du régime d’Assad. Les Etats-Unis et la Russie ont échoué à trouver un accord sur la Syrie
Sur le front diplomatique, les Etats-Unis et la Russie ont échoué lundi à trouver un accord sur la Syrie au cours de négociations en marge du G20 à Hangzhou (est de la Chine), a indiqué un diplomate américain.
Après une première rencontre infructueuse la veille, le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont mené de nouveaux pourparlers lundi, selon ce diplomate, sans réussir à surmonter les divergences persistantes qui opposent sur ce dossier Washington et Moscou.
«Depuis Azaz jusqu’à Jarablos, notre (bande frontalière) de 91 km a été totalement sécurisée. Toutes les organisations terroristes ont été chassées», a annoncé dimanche le Premier ministre turc Binali Yildirim.
L’EI a «perdu tout contact avec le monde extérieur»
Un peu plus tôt, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) avait affirmé que l’EI avait «perdu tout contact avec le monde extérieur après avoir perdu les derniers villages frontaliers entre la rivière Sajour et (le village d’)Al-Raï», dans le nord du pays.
Il s’agit d’un succès majeur pour Ankara, qui a lancé fin août une opération militaire dans le nord syrien visant à la fois l’EI et les milices liées au parti kurde syrien PYD.
La perte de cette zone frontalière prive l’EI de points de passage pour les recrues et l’approvisionnement depuis la Turquie, même si l’organisation ultraradicale sunnite contrôle encore de larges pans de territoires en Syrie et en Irak.
Au sud d’Alep, «les forces armées (syriennes), en coopération avec leurs alliés, ont pris (dimanche) le contrôle total de la zone des académies militaires et nettoient les dernières poches de terroristes dans le secteur», a affirmé une source militaire citée par la télévision officielle.
Alep Est est de nouveau assiégée
Selon cette même source, cette prise de contrôle a permis de couper l’unique route d’approvisionnement entre le sud de la province d’Alep et les quartiers de la ville contrôlés par les rebelles, ouverte il y a un mois par les insurgés après leur prise du quartier de Ramoussa.
«Les quartiers est d’Alep sont de nouveau complètement assiégés», a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.
Ce succès du régime été rendu possible grâce à des raids massifs de l’aviation russe sur les positions rebelles, selon l’Observatoire.
A Alep, le régime a ainsi effacé sa défaite du 6 août. Ce jour-là, les rebelles, aidés du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra ayant renoncé à son rattachement à Al-Qaïda), avaient chassé les forces loyalistes du sud de la ville et brisé le siège imposé depuis le 17 juillet à leurs quartiers.
Depuis cette date, l’armée syrienne, appuyée par les supplétifs des Forces de défense nationale (FND), des combattants chiites iraniens et du Hezbollah libanais, ainsi que par des frappes de l’aviation russe, n’ont eu de cesse de reprendre les positions perdues.
Pas d’accord entre Moscou et Washington
Ce nouvel épisode dans la bataille d’Alep survient alors que les États-Unis, qui appuient les rebelles, et la Russie, alliée du régime, n’ont pu se mettre d’accord pour réduire la violence qui a fait en cinq plus de 290’000 morts et jeté hors de chez elle plus de la moitié de la population.
Washington a accusé Moscou d’avoir «fait marche arrière» sur certains points dans ses négociations sur la Syrie, rendant impossible dans l’immédiat un accord de coopération entre les deux puissances.
«Les Russes ont reculé sur des points où nous pensions pourtant nous être mis d’accord, donc nous nous retournons vers nos capitales respectives pour consultation», a déclaré sous couvert d’anonymat un haut responsable du département d’Etat en marge du sommet du G20 à Hangzhou (Chine).
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a expliqué plus tard à la presse qu’il avait rencontré «pendant plusieurs heures» dimanche son homologue russe Sergueï Lavrov, sans parvenir à dissiper des divergences persistantes.