La chute de la maison Clinton

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Helene Gully
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La carrière politique des Clinton a commencé dès les années 1970. – AFP

La victoire de Donald Trump semble avoir mis un terme à la carrière politique du binôme Hillary et Bill Clinton, qui tenait le parti démocrate depuis des décennies. A moins que Chelsea…

Rien de plus versatile que l’opinion publique. Mais avec l’élection inattendue de Donald Trump , le rejet des Clinton semble définitif. Après quatre décennies de mandat et de règne, le couple ne galvanise plus que quelques partisans.

Les 511 jours de campagne présidentielle ont prouvé à quel point la candidate démocrate suscitait de la lassitude, voire de la colère chez les Américains.

D’ailleurs, une partie de ses électeurs avait décidé de la choisir par défaut. « Hillary Clinton a cristallisé beaucoup de méfiance, elle était assez impopulaire, tout le monde savait que si elle était élue, ce serait d’abord par dépit », précise Dominique Simonnet, écrivain et co-auteur avec Nicole Bacharan de  »First Ladies, à la conquête de la Maison Blanche ».

Car toute élection est un arbitrage. Et face au clivant Donald Trump, Hillary était simplement considérée comme la moins pire des deux. Ce qui n’a, en plus, pas suffit, brisant le rêve de l’accession d’une femme à la Maison-Blanche .

Monstre politique à deux têtes

« C’est un coup très dur pour le couple », confirme Dominique Simonnet, estimant peu probable un retour d’Hillary dans l’arène politique. Pour Bill, sa carrière s’est achevée il y a longtemps.

« Lorsqu’il est sorti de la Maison Blanche en 2000, il lui a dit  »tu m’as donné tes vingt premières années, je te donne mes vingt prochaines » », explique-t-il.

Car pour les Clinton, tout a commencé dès les années 1970. Bill choisit l’Arkansas pour entamer sa carrière politique. À l’époque, il convoite le poste de procureur général, qu’il décroche en 1976.

Deux ans plus tard, il est élu gouverneur de l’Etat. En 1980, il perd son siège mais le reprend en 1984. Sa femme Hillary reste derrière lui et se consacre à sa carrière d’avocate dans le cabinet Rose Law Firm, l’un des trois plus anciens des Etats-Unis.

En 1993, le couple pousse les portes de la Maison Blanche et celles du Bureau ovale. « Hillary a été la première First Lady à autant s’impliquer dans la politique de son mari, c’était sa première conseillère », poursuit l’écrivain spécialiste des Etats-Unis.

À la fin des mandats de son mari, Hillary prend le relais . Elle devient sénatrice de l’état de New-York par deux fois. Puis se lance dans la course à l’investiture démocrate en 2008 contre Barack Obama.

« Un couple pouvant changer le monde »

Après son échec à la primaire démocrate, duquel elle se relève contre toutes attentes, Hillary Clinton devient secrétaire d’Etat de son ancien adversaire jusqu’en 2013.

À plusieurs reprises, les médias prophétisaient la fin d’Hillary. Mais c’était sans compter sa hargne, héritée de sa mère , consistant à « se relever de chaque épreuve, de ne jamais cesser le combat. »

En 2015, Hillary Clinton officialise sa candidature pour devenir la première présidente des Etats-Unis. « Elle a toujours cru que son couple pouvait changer le monde, qu’ils étaient une sorte de générateur à deux pôles et qu’ils avaient une mission », poursuit Dominique Simonnet.

Cap sur leur fondation

À tour de rôle, le duo Clinton s’est donc partagé le pouvoir . Mais les périodes où l’épouse de Bill fut le plus impopulaire sont celles où elle « est sortie de son rôle de femme traditionnelle », explique l’auteur.

« Les Américains ont du mal à accepter qu’une femme puisse faire de la politique à un tel niveau », ajoute-t-il. Pour preuve : « on l’a régulièrement accusé d’être ambitieuse. Mais jamais on n’aurait fait ce reproche à un homme. »

« Ils vont sûrement reporter leur obstination et leur ambition sur leur fondation », prédit Dominique Simonnet. Ce n’est donc pas la fin de leur carrière internationale. « Leur rôle dans la société civile sera encore important. »

Et Chelsea ? La fille des Clinton, très présente dans la campagne, a manifesté quelque intérêt pour la politique. « Il est possible qu’elle reprenne le flambeau », suggère Dominique Simonnet. Avec cependant un véritable handicap : son propre nom.

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