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Etienne Lefebvre
François Hollande étant hors course pour l’élection présidentielle et peu de socialistes (hormis Vincent Peillon) s’affichant comme « hollandais » dans le cadre de la primaire du PS, il sera plus facile d’objectiver son bilan pendant la campagne électorale. En matière d’emploi, les statistiques du chômage de ces derniers mois montrent que, si le chef de l’Etat a commis trop d’erreurs pour afficher des résultats plus rapides, il a néanmoins montré la voie à suivre pour son successeur à l’Elysée : il faudra poursuivre, compléter et amplifier le soutien à la compétitivité de l’économie française.
Lors du lancement du pacte de responsabilité, nombre d’économistes avaient prévenu : la politique de l’offre est incontournable au vu des faiblesses de l’appareil productif, mais elle n’aura des effets que progressivement et sur une longue période. C’est ce qui est en train de se passer. Les créations d’emplois constatées depuis dix-huit mois, dans la foulée de la reprise de l’investissement, permettent désormais de réduire le nombre d’inscrits à Pôle emploi à un rythme solide (-12.000 par mois en moyenne depuis le 1er janvier 2016). Et le premier semestre de 2017 devrait rester bien orienté, estime l’Insee.
Mais il faut mettre des bémols à ce bilan tardivement flatteur. D’abord, le gouvernement a aussi multiplié les actions de court terme pour afficher de meilleures statistiques à l’approche de l’échéance présidentielle : le nombre de contrats aidés est au plus haut, le plan de 500.000 formations supplémentaires tourne à plein régime et la prime à l’embauche dans les PME tient ses objectifs.
Ces dispositifs coûteux doivent refluer ou s’interrompre dans le courant de l’année prochaine, à l’instar du suramortissement fiscal pour les investissements productifs des entreprises.A compter du second semestre de 2017, cela risque de freiner, voire stopper la baisse du chômage.
Autre bémol : ce repli du chômage reste modeste pour une phase de reprise, au vu des conditions macroéconomiques favorables des deux dernières années (prix du pétrole, taux d’intérêt, faiblesse de l’euro). Et ce contexte sera là encore moins favorable à l’avenir.
Le principal défi de la prochaine législature restera donc bien la lutte contre le chômage, afin que la France se rapproche enfin des standards allemand, anglais ou américain. Ce ne sera pas simple avec une population active qui va continuer de croître rapidement. Et dont une partie importante est aujourd’hui très éloignée du marché de l’emploi. Après huit années d’un niveau de chômage particulièrement élevé, les investissements dans le capital humain, autant que dans l’appareil productif, seront indispensables pour effacer les stigmates de la crise et raffermir un potentiel de croissance largement entamé.