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Alain Kerhervé, gaullisme, Gaulliste, Marine le Pen, Nicolas Dupont-Aignan
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La décision de Nicolas Dupont-Aignan de soutenir Marine Le Pen au second tour, de plus en passant avec elle un accord électoral, met un terme à mon soutien à « Debout La France » après 13 ans de fidélité absolue.
C’est pour moi une déchirure, une blessure profonde, avec un sentiment personnel d’avoir perdu aussi un « ami ».
Pendant sa campagne, chacun pouvait espérer un parcours porteur d’avenir. Comme beaucoup de militants, jeunes et moins jeunes, j’ai, à près de 70 ans, participé aux collages d’affiches, aux écrits destinés à convaincre que NDA incarnait une vision gaulliste.
D’ailleurs, il est utile de rappeler certains de ses propos concernant la candidature Marine Le Pen au nom du Front national.
« Je ne répondrai à aucune sollicitation »
En février, Nicolas Dupont-Aignan a affirmé vouloir rester sur sa ligne : ne pas se rapprocher du Front national malgré les assauts de Marine Le Pen. « Ses appels me laissent indifférent. Je ne répondrai à aucune sollicitation », a-t-il déclaré dans une interview au Point. « Je suis un gaulliste. Je me bats pour un patriotisme humaniste », faisait-il valoir.
Marine Le Pen est « dans l’excès », estimait-il. « Moi, je suis plus sérieux et plus innovant. J’incarne un patriotisme qui peut marcher. Je ne suis pas démagogique », poursuivait-il. Et de juger : « Il y a eu des propos qui ont évolué, c’est bien, mais l’arrière-boutique ne correspond pas à la vitrine et son programme n’est pas sérieux. »
« Le Front national est le meilleur allié du système »
« Les Français ne veulent pas d’une rupture dans le drame avec le Front national. Je suis le seul à proposer une rupture dans le calme., avait estimé Nicolas Dupont-Aignan, sur RTL, le 3 novembre. Le Front national n’apporterait pas les bonnes solutions qui permettraient de sauver la France. Le Front national est le meilleur allié du système », avait-il poursuivi.
« Le FN peut s’impatienter, continuer à me draguer ostensiblement, il perd son temps »
En septembre, dans une interview à Paris-Match, Nicolas Dupont-Aignan était ferme. « Je vois bien les calculs de ceux qui à l’intérieur du mouvement lepéniste cherchent à m’annexer dans leur camp, mais c’est inutile, avait-il déclaré. Je poursuis ma propre route, affirmait-il. Et de conclure : Le FN peut s’impatienter, continuer à me draguer ostensiblement, il perd son temps. »
Il mettait alors en avant son gaullisme : « Les Français qui me font confiance ont le droit de savoir où je me situe sur l’échiquier politique. Ce n’est pas au Front national. »
Ces déclarations, ces prises de position vis-à-vis du FN, je les ai approuvées. Elles m’ont permis de formater une campagne et une totale adhésion autour d’un slogan qui avait toute sa valeur : « ni extrême, ni système ».
Aujourd’hui, les messages nombreux que j’ai reçu cette nuit après l’annonce de ma démission de DLF me conforte : le FN est toujours incompatible avec le gaullisme authentique.