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La CFDT
La CFDT «est déçue» par les ordonnances sur le Code du travail présentées jeudi matin par le gouvernement aux partenaires sociaux, a déclaré son secrétaire général, Laurent Berger, à sa sortie de Matignon, jugeant que «cette réforme n’est pas à la hauteur». Malgré une «concertation loyale et sincère» avec le gouvernement, M. Berger a exprimé sa «profonde déception face à l’opportunité qui était de faire du dialogue social un élément central de la gouvernance des entreprise». «Il y a également des mesures qui nous inquiètent, comme la possibilité dans les entreprises de moins de 20 salariés d’avoir des décisions quasi unilatérales de l’employeur», a développé M. Berger, pour qui «le dogmatisme l’a emporté »»sur des sujets comme le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif. Pour autant, «il est évident que la CFDT ne sera pas dans la rue le 12» septembre, date où la CGT et Solidaires appellent à une journée d’actions. «Le combat syndical ne se résume pas à la rue, il est tous les jours dans les entreprises», a-t-il dit.
La France insoumise
Le député de La France insoumise Alexis Corbière a dénoncé jeudi l’«agression caractérisée» que représentent, selon lui, les cinq ordonnances réformant le code du travail présentées par le gouvernement, «avec préméditation en plus». Evoquant «une nouvelle étape, hélas, de régression», il a appelé les Français à «ne pas se laisser abuser» et à «donner une réponse à la hauteur de l’agression», le 12 septembre lors de la journée d’action de la CGT et «une réponse citoyenne» le 23 septembre à Paris, à l’appel de LFI.
La CGT
«Toutes nos craintes sont confirmées» a réagi le chef de la CGT Philippe Martinez, «c’est la fin du contrat de travail». Pour lui, «tous les ingrédients sont là pour qu’il y ait une bonne mobilisation». Son syndicat «réfléchit déjà à une initiative très rapprochée du 12» et promet, si nécessaire, une mobilisation longue. «Les ordonnances, ce n’est pas la loi, elles ne rentrent dans la loi que trois ou quatre mois après. On a vu, en d’autres occasions, des ordonnances qui ne sont jamais devenues la loi, donc on a du temps», a-t-il prévenu mardi. Mais contrairement à 2016, où la CGT et FO manifestaient main dans la main, la CGT est, pour l’heure, la seule grande organisation à appeler à manifester le 12 septembre.
La CGPME
Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François Asselin a salué une réforme «particulièrement pragmatique». Sur le champ social, «beaucoup de nos propositions ont été retenues». «Bien souvent, nous avons été douchés dans ce genre d’exercice, avec parfois un pas en avant et deux pas en arrière. Mais « aujourd’hui, nous avons des ordonnances particulièrement pragmatiques, qui collant à la réalité du terrain», a-t-il souligné. Selon le dirigeant patronal, la réforme «n’enlève rien à l’équilibre de la sécurité dont ont besoin les salariés, malgré tout ce qu’on peut entendre, et en même temps à l’envie, à la confiance dont ont besoin les chefs d’entreprise pour entreprendre dans notre pays».
la CFE-CGC qui voit dans ces ordonnances « beaucoup d’instruments de flexibilisation du marché » et « probablement une précarisation plus importante des salariés ».
Solidaires pointe dans un communiqué « la facilitation des licenciements individuels et collectifs » et « la remise en cause de la protection collectives des salariés ».
La CFTC, pour qui « l’enjeu c’était que la branche garde ses prérogatives », « ce qui est le cas ». Néanmoins, son président Philippe Louis « aurait préféré que le minima » aux prud’hommes en cas de licenciement abusif « soit à 6 mois » de salaire au lieu de trois.
L’Unsa rappelle qu’elle « n’était pas demandeuse d’une nouvelle réforme du code du travail », mais « constate que plusieurs propositions maximalistes contre lesquelles elle s’était élevée, ont été écartées ».
Le Medef salue « une première étape importante dans la construction d’un droit du travail plus en phase avec la réalité quotidienne des entreprises ». Son président Pierre Gattaz a toutefois appelé à « rester vigilant » notamment sur les décrets d’application, « car les détails seront cruciaux pour la bonne mise en œuvre de cette réforme ».
C’est « un message très fort, un message d’espoir » en faveur des chefs d’entreprise s’est félicité l’Union des entreprises de proximité (U2P) qui s’est dite « pleinement satisfaite ». Son président Alain Griset, a apprécié avoir « été entendu sur la quasi totalité des points », en particulier « le fait qu’entre 0 et 20 » salariés, « nous ayons moins de contraintes ».