Les retraités et les fonctionnaires sont les grands perdants du projet de budget, tandis que les plus aisés verront leur impôt allégé
En politique, le débat budgétaire constitue toujours une heure de vérité : ce n’est que confronté à la froideur des chiffres qu’on peut apprécier les réelles priorités d’un gouvernement. Et c’est évidemment encore plus vrai du premier budget d’un quinquennat. On se souvient en particulier du feu d’artifice de mesures fiscales en faveur des plus aisés de Nicolas Sarkozy en 2007. Ou, a contrario, de la rafale de hausses d’impôts que François Hollande avait décidé en 2012 dans l’espoir (déçu) de ramener le déficit public sous la barre des 3 % dès sa première année de mandat.
C’est donc au tour d’Emmanuel Macron d’abattre ses cartes budgétaires. Du côté de la fiscalité, objet de ce dossier, peu de surprises : le Président s’est fait un point d’honneur à respecter scrupuleusement ses promesses de campagne en la matière.
La hausse de la CSG sera payée plein pot par les retraités, qui se retrouvent les grands perdants de l’affaire
La hausse de la CSG sera cependant payée plein pot par les retraités, qui se retrouvent les grands perdants de l’affaire. Avec toutefois les fonctionnaires qui ne bénéficieront pas, eux non plus, de ces libéralités. Et tous les ménages se verront ponctionnés via une hausse sensible des taxes sur l’énergie, même s’il faut s’en féliciter sur le plan environnemental.
Si ces cadeaux fiscaux sont très inéquitablement répartis, le problème principal qu’ils posent est cependant ailleurs. Pour réduire quand même le déficit budgétaire, ils obligent en effet le gouvernement à accentuer encore son effort d’austérité sur les dépenses. Au détriment de la protection sociale, de la qualité des services publics et des investissements publics. Ce qui ne manquera pas d’affaiblir l’économie française et d’aggraver les inégalités.