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Les pays de l’Union européenne étaient en concurrence pour accueillir les deux agences installées à Londres.

Le Monde.fr avec AFP

Paris a été choisi, lundi 20 novembre, pour accueillir l’Autorité bancaire européenne (EBA), avec ses 170 salariés, qui vont devoir quitter Londres en raison du Brexit. Mais ce transfert a suscité moins de convoitises que celui de l’Agence européenne du médicament (EMA) – 900 salariés –, qui a été attribuée à Amsterdam le même jour.

Ce sont deux victoires par tirage au sort. A l’issue d’un vote organisé à Bruxelles, auquel participaient des ministres des 27 pays qui resteront dans l’Union, la ville néerlandaise avait enregistré le même nombre de points que Milan. Les deux villes ont été départagées par tirage au sort, comme Paris et Dublin dans le cas de l’Autorité bancaire.

Cette dernière n’avait suscité que huit candidatures, alors que seize villes étaient encore en lice lundi pour accueillir l’EMA.

Critiques et déceptions

« La Commission va maintenant préparer des propositions de loi reflétant le vote d’aujourd’hui pour adoption selon la procédure législative ordinaire impliquant le Parlement européen », a indiqué la Commission européenne dans un communiqué.

« Le Conseil [de l’UE, qui représente les Etats membres] et la Commission sont déterminés à faire en sorte que ces propositions de loi soient traitées aussi rapidement que possible étant donné l’urgence du dossier », précise le communiqué.

Mais les résultats n’ont pas manqué de provoquer critiques et déceptions parmi les candidats malheureux. En France, la maire de Lille, Martine Aubry (Parti socialiste), et le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (Les Républicains), ont regretté « le soutien tardif et timide » d’Emmanuel Macron à la candidature de la capitale des Flandres pour l’accueil de l’Agence du médicament. Lille a été écarté dès le premier tour de scrutin.

Emmanuel Macron s’est contenté de commenter la désignation de Paris pour l’EBA, se disant « heureux et fier » de cette « reconnaissance de l’attractivité et de l’engagement européen de la France ».

Du côté de l’Espagne, les conservateurs du Parti populaire au pouvoir et les indépendantistes catalans se sont renvoyé la responsabilité de l’élimination de Barcelone.

Crainte d’un « choix politique »

Les candidats ont mené d’intenses campagnes de communication pour vanter les mérites de leurs villes postulantes. Peu d’éléments ont en revanche filtré sur les « marchandages » plus discrets entre capitales.

« Nous pensons qu’au moins une des agences devrait aller dans un Etat membre récent », avait estimé lundi matin le secrétaire d’Etat tchèque aux affaires européennes, Ales Chmelar, reflétant le point de vue des pays d’Europe centrale, qui n’aura pas été entendu.

La perspective d’un choix politique inquiétait les personnels des agences en question. L’Agence du médicament avait ainsi prévenu dans un rapport qu’un mauvais choix pourrait se traduire par « un taux de rétention du personnel très en dessous de 30 % », qui menacerait son fonctionnement.

« Quel que soit le résultat, le véritable vainqueur du vote est l’UE à 27 », avait déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, avant le vote, estimant que cette décision démontrerait la bonne préparation des Européens avant l’échéance du Brexit, prévue à la fin de mars 2019.