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 de Joan Condijts

 

S’ils existent, ces dieux doivent être cyniques, facétieux ou belliqueux pour avoir établi, dans un monde si vaste, leurs sièges terrestres, voire l’une de leurs principales succursales, dans la même cité, à quelques rues les uns des autres.

Quelles que soient leurs raisons, les conséquences liées à la proximité d’un mur (des Lamentations), d’un dôme (celui d’Al-Aqsa) et d’un clocher (le Saint-Sépulcre) continuent de meurtrir inlassablement les siècles: Jérusalem, et plus largement le Proche-Orient, génèrent, sur place et même à des milliers de kilomètres, des cadavres par dizaines, voire par centaines, même par milliers les mauvaises années.

Donald Trump a affirmé et réaffirmé qu’il entend régler le conflit israélo-palestinien. A la hussarde? Les premiers pas semblent l’indiquer. Est-il condamné à échouer? A voir.

Après les deux boucheries de la première partie du vingtième siècle, une vague de pacification (malheureusement tempérée par maintes exceptions) a soufflé sur la planète. Dans ce tableau, l’étroite bande coincée entre le Sinaï, la Méditerranée et la mer Morte, cette Terre plus convoitée que promise, devenue israélienne dans la douleur de la décolonisation, a livré avec une régularité tristement horlogère son lot de guerres et de violences. Seules la fin des années septante (la visite du président égyptien Sadate à la Knesset) et les années nonante (les accords d’Oslo) ont porté quelques espoirs réels d’apaisement. Vite douchés. Les électeurs palestiniens se sont jetés dans les bras des islamistes et les Israéliens se sont repliés dans une politique ultrasécuritaire. L’escalade sanglante a surtout repris.

Dans cette poudrière, l’annonce de Donald Trump de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, capitale pour les Israéliens, ville occupée pour les Palestiniens, fait office d’étincelle. Car tout ici n’est malheureusement plus que symboles et interprétations. Un premier mort est d’ailleurs tombé, côté palestinien, ce vendredi, lors de heurts avec les forces de l’ordre israéliennes.

Pourtant, le Président américain avait dévoilé son intention durant sa campagne et le Congrès américain avait voté une loi en ce sens dès 1995 – l’application en a toujours été repoussée par les Présidents successifs. Guère de surprise donc. Donald Trump a surtout affirmé et réaffirmé qu’il entend régler le conflit israélo-palestinien. à la hussarde? Les premiers pas semblent l’indiquer. Est-il condamné à échouer? A voir. Nul n’a vraiment réussi à résoudre ce conflit. Les règles onusiennes ont été violées par les deux parties. Et le statu quo n’a jamais fait que nourrir les haines réciproques qui finissent inexorablement par éclater au mieux en batailles de rue, au pire en conflits armés, recréant des générations biberonnées à la violence et au rejet de l’autre. Donald fera-t-il plus mal?

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