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Agence France-Presse
Le groupe EI ne contrôle plus aujourd’hui que 5% du territoire syrien.
Photo: Ahmad Al-Rubaye Agence France-Presse Le groupe EI ne contrôle plus aujourd’hui que 5% du territoire syrien.

Beyrouth — Des armes fournies aux rebelles en Syrie, notamment par les États-Unis et l’Arabie saoudite, sont tombées aux mains des djihadistes du groupe État islamique (EI), documente un rapport de l’ONG Conflict Armament Research (CAR).

Après sa montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires, le groupe EI est aujourd’hui sur le point de s’effondrer en Syrie, et l’Irak a récemment proclamé la « victoire finale » sur l’organisation djihadiste.Dans un rapport publié au terme de trois ans de recherches sur le terrain, l’ONG CAR analyse l’armement utilisé par le groupe EI, en se basant sur un échantillon de 40 000 pièces.

« La fourniture internationale d’armes aux factions du conflit syrien a augmenté de manière significative la quantité et la qualité des armes dont disposait le groupe EI », indique le rapport.Selon CAR, Washington et Riyad ont fourni des armes « apparemment à des forces de l’opposition syrienne ». L’ONG explique ainsi que dans la plupart des cas, les États-Unis n’avaient pas le droit d’envoyer aux rebelles cet armement obtenu auprès de fournisseurs européens, notamment en Roumanie et en Bulgarie, en vertu des accords signés qui interdisent au pays acheteur de transférer ce matériel sans autorisation préalable.

« La fourniture de matériel [militaire] dans le cadre du conflit syrien, par des parties étrangères — notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite — a indirectement permis au groupe EI d’obtenir des quantités substantielles de munitions antiblindage », poursuit CAR.Sans détailler les circonstances qui ont permis aux djihadistes d’obtenir cet armement, le rapport explique toutefois que les combattants du groupe EI ont parfois pu s’emparer de ce matériel « en le capturant sur le champ de bataille ».

Le rapport de CAR vient aussi conforter l’idée selon laquelle le groupe EI « a initialement capturé la plupart de son matériel militaire auprès des forces du gouvernement irakien et syrien », une partie de l’armement utilisé par les djihadistes étant identique à celui des troupes des deux pays.Le groupe EI ne contrôle plus aujourd’hui que 5 % du territoire syrien. Les djihadistes tiennent encore quelques villages dans la province de Deir Ezzor (est), ainsi que des poches dans les provinces de Homs et Hama (centre).

Il maintient une présence dans deux quartiers périphériques de Damas, et des combattants affiliés au groupe EI sont actifs dans la province de Deraa (sud).Déclenché en 2011 avec la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie a fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.