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François Witvrouw

 © Vincent Georis

© Vincent Georis

Après la victoire des séparatistes catalans aux élections régionales qui se sont tenues jeudi en Catalogne, le président déchu Carles Puigdemont, toujours en exil à Bruxelles, a pris la parole ce vendredi lors d’une conférence de presse. Il a demandé la suspension de l’article 155.

La victoire en voix du plus résolu des partis opposés à l’indépendance, Ciudadanos, limitera toutefois leur marge de manoeuvre même s’ils parviennent à former un gouvernement, avec leurs dirigeants en exil ou en prison. Et pour y arriver il leur faudra d’abord surmonter leurs divisions.

« Ils ont cherché à fracturer la société catalane et ils ont voulu cesser nos institutions légitimes et séculaires. »

Carles Puigdemont

« J’aimerais commencer par dire que la normalité altérée ces dernières semaines est revenue en Catalogne. Le gouvernement a été et sera la garantie de la continuité institutionnelle et de la stabilité. Ils ont cherché à fracturer la société catalane et ils ont voulu cesser nos institutions légitimes et séculaires« , a indiqué Puigdemont lors d’une conférence de presse ce midi à Bruxelles.

« Le président Rajoy a une opportunité de proposer une solution pour ne pas créer plus de problèmes qu’il ne l’a fait. Je suis prêt à rencontrer Rajoy dans n’importe quel Etat européen. Je souhaite que plus aucune décision ne soit prise au nom de la Catalogne. Les Catalans ont voté pour leur indépendance. Je demande donc la suspension de l’article 155″, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre espagnol lui répondra, lui aussi lors d’une conférence de presse, à 14h.

« L’État espagnol a été vaincu. »

Carles Puigdemont

« L’État espagnol a été vaincu« , avait déjà proclamé Carles Puigdemont, dès la publication des résultats de ces élections anticipées. Il a réussi son pari de remporter l’adhésion de la majorité des indépendantistes en se réfugiant en Belgique avec quatre de ses ministres pendant que le reste de son gouvernement, inculpé comme lui de rébellion et sédition, était incarcéré.

Son ancien vice-président Oriol Junqueras est toujours en détention provisoire. Leurs rapports déjà tendus se sont encore dégradés au fur et à mesure que le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche républicaine) de Junqueras voyait la liste de Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxCat), monter dans les sondages.

En fin de course, elle les a coiffés au poteau, remportant 34 sièges devant 32 pour ERC. Avec les 4 élus du parti d’extrême gauche CUP, ils totalisent 70 députés, soit une majorité absolue dans le parlement de 135 sièges.

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