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AFP/Archives / Bertrand GUAY Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, se rendant à une réunion à l’Élysée, le 13 octobre 2017

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a réclamé « des clarifications » et fustigé un « gros problème de méthode » du gouvernement, après l’annonce de pistes de réforme dans la fonction publique, dans une interview publiée samedi dans Le Monde.

« Ils y vont fort », a-t-il réagi, à propos de ces pistes annoncées jeudi, dont un plan de départs volontaires et le recours à davantage de contractuels.

Une concertation avec les syndicats a été annoncée dans la foulée, qui va se dérouler sur l’ensemble de l’année.

« Il y a un gros problème de méthode : c’est très étonnant d’annoncer une concertation sur toute l’année 2018 et de donner dès à présent une partie des conclusions », a réagi M. Berger, qui a réclamé que le gouvernement organise « très vite » une rencontre avec les syndicats.

Sur le fond, la CFDT critique le souhait du gouvernement de proposer une « rémunération plus individualisée ». Actuellement, la rémunération des fonctionnaires repose sur un socle commun et des primes et promotions.

« Il faut dire quelle est la part de la rémunération collective et quelle est la part de l’individuel », a estimé M. Berger, qui craint que cette mesure n’entraîne « des disparités liées aux marges budgétaires des employeurs plus qu’en fonction de l’investissement au travail ».

Sur le recours à davantage de contractuels, le leader syndical s’interroge aussi : « ça veut dire quoi ? Pour qui ? Comment ? Tout cela mérite des éclaircissements, car il y a des craintes de profonds bouleversements pour les agents ».

À propos de la piste du plan de départs volontaires, Laurent Berger a jugé le « terme inapproprié », soulignant que tout départ devait se faire sur la « seule base du volontariat et de manière sécurisée ».

Il a expliqué que la CFDT n’était « pas opposée à des évolutions » mais qu’il était « urgent de dire clairement de quoi on parle », relevant que toutes les dernières politiques ont été conduites « sous l’angle budgétaire ».

« Les agents de l’État souffrent parfois de conditions de travail très dures, mais surtout de non-reconnaissance, qui est terrible », a insisté le numéro un de la CFDT. « Être considéré comme un coût en permanence donne un sentiment de mal-être », a-t-il ajouté.