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AFP / PHILIPPE HUGUEN L’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon et la présidente du FN, Marine Le Pen, lors du 16e congrès du parti le 10 mars 2018 à Lille L’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, invité vedette et surprise du congrès du Front national samedi à Lille, a fait siffler les médias et promis « la victoire » au parti d’extrême droite, auquel Marine Le Pen proposera dimanche un nouveau nom pour faciliter cette accession au pouvoir.
Qualifiant les médias de « parti d’opposition » ou de « laquais », il a provoqué des huées dans l’assistance. « L’Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire », a assuré Steve Bannon, incarnation de la droite américaine la plus dure, qui a dirigé la campagne présidentielle de Donald Trump dans la dernière ligne droite avant de devenir son conseiller à la Maison Blanche.
Devant la presse, il a indiqué avoir rencontré l’ex-députée FN Marion Maréchal-Le Pen le mois dernier, au lendemain de son intervention remarquée devant le gratin conservateur américain, lui prédisant un avenir radieux. Il l’avait déjà qualifiée en 2016 d' »étoile montante » de l’extrême droite.
AFP / PHILIPPE HUGUEN Poignée de mains entre l’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon et la présidente du FN Marine Le Pen lors du 16e congrès du parti, le 10 mars 2018 à Lille Le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, le qualifiant de « roi des Fake news et des suprémacistes blancs », a estimé qu’avec M. Bannon le FN allait peut-être changer « de nom, mais pas de ligne politique ».
C’est une visite « paradoxale » qui n’est « pas exactement la définition de la +dédiabolisation+ » lancée depuis 2011, a commenté le cofondateur du FN Jean-Marie Le Pen. L’ancien président du parti, exclu par sa fille pour ses propos polémiques sur la Shoah, a avoué sa « sympathie » pour M. Bannon lors d’une séance de dédicace de ses mémoires à Paris.
– Un parti ‘adulte’ –
Ce congrès doit parachever la refondation du FN engagée par Marine Le Pen depuis qu’elle en est devenue présidente en 2011, en vue des élections européennes l’an prochain où elle croit à une victoire des populistes comme en Italie.
« Le Front national est devenu adulte. (…) Il est passé d’un parti d’abord de protestation » à « un parti de gouvernement », a déclaré vendredi Mme Le Pen, estimant que « changer le nom, c’est une des manières de le faire savoir ».
AFP / PHILIPPE HUGUEN Marine Le Pen s’apprête à voter lors du 16e congrès du Front national, le 10 mars 2018 à Lille Selon le parti, le principe d’un changement de nom a été approuvé par 52% des militants dans un questionnaire dont les résultats valident largement la ligne de Mme Le Pen. La présidente proposera dimanche une nouvelle appellation.
Mais Jean-Marie Le Pen a mis en doute ce résultat, et un cadre frontiste a dit avoir eu écho d’une « courte majorité +contre+ le principe d’un changement de nom ».
– ‘guerre psychologique’ –
« J’ai toujours préféré le mot nation au mot patrie », confie Marine Le Pen, qui trouve « ringard » le terme « patriotes », pris par son ancien conseiller Florian Philippot pour son propre parti. Elle ne veut plus de « Front », trop « militaire ».
Marine Le Pen, dont l’image s’est dégradée depuis la présidentielle selon de récents sondages, estime qu’il n’y a « rien d’étonnant » à subir « un trou d’air » après sept années « d’expansion » pour son parti.
AFP / PHILIPPE HUGUEN Des personnes arrivent au Grand Palais de Lille pour assister au 16e Congrès du Front national, le 10 mars 2018 à Lille Après son débat « raté » en mai face à Emmanuel Macron, certains militants se demandent si elle a encore la capacité à diriger le parti.
A Lille, elle a dit avoir « bien entendu la petite musique de guerre psychologique qui nous est menée » mais relevé la « triple » victoire remportée l’an dernier, avec près de 11 millions de voix (33,9%) au second tour de la présidentielle, « une alliance inédite » avec Nicolas Dupont-Aignan et l’élection de 8 députés.
A l’entrée du Grand palais de Lille, Sarah Fert, enseignante de 26 ans, pense qu’il faut « repartir sur d’autres bases ». « On sort d’une grande période électorale, il est temps de refédérer » le parti.
Depuis la présidentielle, la présidente du FN a subi deux grandes défections: sur sa gauche, celle du souverainiste Florian Philippot, qui fustige un congrès « de liquidation », et sur sa droite, la mise en retrait de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, très appréciée dans le parti mais absente du congrès.
Marine Le Pen a aussi essuyé des coups de son père, qui conteste sa ligne. Mais ce dernier a renoncé à un dernier coup d’éclat et n’ira pas au congrès –une première pour lui–, où il doit être déchu de sa présidence d’honneur.