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Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy placé en garde à vue© STEPHANE DE SAKUTIN Source: AFP  Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi sur le perron de l’Elysée le 12 décembre 2007.

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce 20 mars au matin par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

L’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce 20 mars au matin par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, selon une source proche de l’enquête.

Retour sur les faits

En 2012, le site français Mediapart publie deux documents qui laissent supposer l’existence d’un versement de 50 millions d’euros visant à financer la campagne présidentielle de de Sarkozy par le régime libyen de Kadhafi en 2007, alors que le montant officiel de la campagne était de 20 millions d’euros.

« Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois davantage Kadhafi que Sarkozy. »

Bechir Saleh
ex-trésorier de Kadhafi

En 2005, un accord sur le montant et les modes de versement était préparé, puis signé l’année suivante par Brice Hortefeux (qui est lui actuellement entendu en audition libre), ministre délégué aux collectivités locales, et ce en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine. Ce dernier avait introduit, en 2005, des proches du ministre de l’Intérieur, parmi lesquels Claude Guéant et, le voilà, Nicolas Sarkozy.

Entre-temps, Guéant, l’ex-secrétaire général de l’Elysée, a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée.

C’est seulement en novembre 2015 qu’un expert authentifie le document qui parle d’un don de 50 millions d’euros de Kadhafi pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Ziad Takieddine, l’intermédiaire franco-libanais, a affirmé en novembre 2016 avoir transporté 5 millions d’euros en liquide depuis Tripoli jusqu’à Paris entre fin 2006 et début 2007, pour les remettre à Claude Guéant puis Nicolas Sarkozy.

La justice française a également récupéré les carnets de l’ancien ministre libyen du Pétrole Choukri Ghanem, mort en 2012, qui mentionnent aussi l’existence de versements d’argent à Nicolas Sarkozy.

Plus récemment, en mai 2016, les magistrats chargés de l’affaire avaient rendu une ordonnance de non-lieu suite à la plainte de Sarkozy pour faux et usage de faux, au bénéfice de Mediapart.

> L’ancien chef d’Etat a toujours rejeté les accusations.

L’homme d’affaires Alexandre Djouhri, autre intermédiaire présenté comme un personnage clé de l’enquête, a été arrêté à Londres en janvier dernier. Il y est actuellement placé en détention, dans l’attente d’une audience sur son éventuelle extradition en France, prévue en juillet.

«La première chose que l’on demande à ce clown est de rendre l’argent»

Le 16 mars 2011, soit trois jours avant le déclenchement de l’intervention militaire française et de ses alliés de l’OTAN en Libye, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam, accusait Nicolas Sarkozy d’avoir reçu de l’argent de la Libye pour financer sa campagne présidentielle en 2007. Cette intervention s’est soldée par la mort du président libyen le 20 octobre 2011, date à laquelle il est capturé dans les environs de Syrte par les rebelles libyens, puis lynché et tué. «Tout d’abord, il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen», avait affirmé Saïf al-Islam.