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AFP / NICHOLAS KAMM Donald Trump lors d’une réunion de cabinet à la Maison Blanche, à Washington, le 9 avril 2018Les Etats-Unis ont fait planer lundi la menace d’une action militaire imminente pour faire « payer » Bachar al-Assad et ses alliés après une attaque chimique présumée en Syrie, pointant particulièrement Moscou qui met en garde en retour contre « de graves conséquences » en cas de frappes occidentales.
« C’était atroce », « horrible », a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au sujet de l’attaque présumée de samedi aux « gaz toxiques » contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas.
« Nous prendrons des décisions majeures dans les 24/48 heures », a annoncé Donald Trump, avant d’évoquer une décision « probablement d’ici la fin de la journée ». Son ministre de la Défense Jim Mattis n’a pas exclu des frappes contre le régime syrien.
Dans ce contexte, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, réclamée notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, a été le théâtre d’un face-à-face tendu avec la Russie.
Les Américains ont fait circuler un projet de résolution réclamant la création d’un nouveau « mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies » sur le recours aux armes chimiques en Syrie. Mais sans attendre, le trio occidental, affichant son unité, a clairement mis en cause le régime Assad pour l’attaque de samedi, qui a fait, selon les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 morts dans la région de la Ghouta orientale que Damas est en passe de reconquérir intégralement.
« Seul un monstre peut faire cela », a martelé l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley, et le moment est venu « où le monde doit voir que justice est rendue ».
– « Aucun doute » –
« Il n’existe aucun doute sur les auteurs de cette nouvelle attaque », a aussi estimé l’ambassadeur français François Delattre.
Mais ils ont également et durement mis en cause la Russie, jugeant qu’elle n’avait pu ignorer les bombardements de son allié. « Quand le régime militaire syrien pilonne des civils, il le fait avec l’aide de la Russie », a insisté Nikki Haley.
La Maison Blanche avait auparavant mis en cause la « responsabilité » de la Russie et l’Iran, estimant que le pouvoir syrien ne pouvait mener une attaque chimique « sans leur aide matérielle ». Donald Trump avait déjà averti Damas, Moscou et Téhéran qu’ils pourraient « payer le prix fort », incluant nommément, une fois n’est pas coutume, son homologue russe Vladimir Poutine dans ses avertissements.
« Nous appelons les Occidentaux à renoncer à la rhétorique guerrière », a répondu à l’ONU l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, mettant en garde contre de « graves conséquences » en cas d’action armée occidentale. « Il n’y a pas eu d’attaque chimique » samedi à Douma, a-t-il ajouté, dénonçant une « mise en scène ».
Vladimir Poutine a condamné pour sa part le caractère « inadmissible » des « spéculations » sur cette attaque chimique présumée.
Dans ce contexte, le spectre d’une riposte militaire a aussi été ravivé lundi après des tirs de missiles contre la base militaire T-4 du régime, dans le centre de la Syrie. Mais c’est Israël qui a été accusé par Damas et ses alliés russe et iranien.
Après avoir menacé le régime d’une « réponse forte », Paris et Washington ont démenti être à l’origine de ces frappes. « En ce moment, les Etats-Unis ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie », a redit lundi après-midi la Maison Blanche, en insistant bien sur le fait que cela ne présageait pas de l’avenir.