La Syrie dénonce une «agression barbare» des Occidentaux

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Image de l’agence syrienne SANA, montrant des missiles anti-aériens sur Damas, 14 avril 2018.
© SANA par AFP

Avec la France et la Grande-Bretagne, Donald Trump a ordonné des bombardements sur le pays en représailles aux attaques chimiques. Les alliés ont pris soin d’éviter les cibles russes

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres «à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien».

Le secrétaire général a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l’opération militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France et qui visait principalement les capacités militaires chimiques dont dispose selon eux le pouvoir syrien.


Le point sur les frappes

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad. L’état-major français a confié la mission de bombardement à plusieurs chasseurs Rafale, selon une vidéo diffusée par l’Elysée et la ministre des Armées Florence Parly.

Londres a utilisé quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, équipés de missiles Storm Shadow.

Les manœuvres des Etats-Unis

Les Etats-Unis ont tiré des «types de munitions divers», dont des missiles de croisière Tomahawk. D’après Fox News, des bombardiers à long rayon d’action B-1 ont aussi été engagés.

Le ministre américain de la défense Jim Mattis a précisé que les forces américaines avaient employé deux fois plus de munitions que pour la frappe américaine d’avril 2017 sur la base militaire d’Al-Chaayrate, près de Homs. La défense anti-aérienne syrienne est elle entrée en action mais aucune perte humaine n’a été à déplorer côté américain, selon le Pentagone.

L’Angleterre et la France visent un complexe militaire

Les Britanniques ont indiqué avoir frappé un complexe militaire – une ancienne base de missiles – à 24 kilomètres à l’ouest de Homs, «où le régime est supposé conserver des armes chimiques».

Le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient «circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l’emploi d’armes chimiques».

Selon le général Joe Dunford, chef d’état-major américain, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien, l’une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Un «centre de recherches» bombardé

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, «plusieurs bases militaires» et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles.

La télévision d’Etat syrienne a rapporté des «informations» selon lesquelles un «centre de recherches» dans le quartier de Barzé, dans le nord-est de Damas, avait été visé.

Les alliés ont selon le Pentagone pris soin d’éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays. La télévision d’Etat syrienne a affirmé que des missiles avaient été «interceptés» à Homs.

Le régime dénonce une «violation du droit international», la Russie tonne

Le régime syrien a dénoncé samedi une «violation flagrante» du droit international, fustigeant une «agression barbare et brutale» des Occidentaux.

La Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a vivement réagi. La Syrie a été frappée par l’opération militaire occidentale alors qu’elle avait «une chance d’avoir un avenir pacifique», a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères.

 

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