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Etats-Unis, Irak, Libye, Syrie
C’est malheureusement une question récurrente qui se pose à nous depuis près de trois décennies, avec l’intervention en Irak pour venir en aide au Koweit, en Afghanistan, à nouveau en Irak, puis en Libye, et en Syrie depuis quelques années. Etait-il véritablement légitime d’intervenir militairement, en essayant de sortir des raisonnements caricaturaux en noir et blanc ?
Comme un écho aux frappes en Irak de Clinton ?
Bien sûr, la vue des morts de l’attaque chimique en Syrie pose la question de la réaction de la communauté internationale. Mals beaucoup de questions se posent. D’abord, difficile de ne pas se poser la question des conséquences des précédentes interventions occidentales. L’Afghanistan, l’Irak ou la Libye portent encore les stigmates du passage de ceux qui viennent de bombarder la Syrie et on peut aussi se demander si les interventions n’ont pas provoqué plus de dégâts, y compris du point de vue du nombre de morts, que les régimes tant honnis qu’elles étaient sensées renverser pour le bénéfice de peuples. Partout, le bilan a été désastreux, ce qui devrait pousser à la prudence.
Ensuite, malgré l’horreur des armes chimiques, on peut aussi se demander pourquoi des atrocités non chimiques qui font beaucoup de victimes ne devraient pas appeler des réactions similaires… On peut penser au cas du Yemen, où cette même communauté internationale laisse tranquillement l’Arabie Saoudite faire ce qu’elle veut, dans un pays qui n’est même pas le sien… Difficile de ne pas être interpellé par ce deux poids, deux mesures, où nos alliés peuvent faire ce qu’ils veulent, alors que le moindre mouvement de nos ennemis peut provoquer une réaction. Et quelle étrangeté d’intervenir juste avant que la commission d’enquête de l’OAIC arrive en Syrie pour enquêter…
Bref, en réalité, le fondement légal de cette intervention apparaît pour le moins contestable, comme le rapporte le site Les Crises, les preuves ne semblant pas plus solides que celles qui avaient justifié la guerre d’Irak en 2003. Pire, on peut se poser la question de la motivation de ces interventions, beaucoup étant dans des zones riches en hydrocarbures. L’interventionnisme étasunien semble tout de même très étroitement corrélé à la présence de pétrole. Pire, comme sous Clinton, on peut se demander si nos dirigeants n’utilisent pas ces interventions à des fins de politique intérieure. Comme par hasard, Macron s’est fait interviewer deux heures et demi juste après…
Bref, quand on met tout bout à bout, difficile de voir la moindre raison d’intervenir. Marquer le coup contre l’utilisation d’armes chimiques ? Mais si cela consiste seulement à marquer le coup, sans la moindre conséquence, alors, ne s’agit-il pas seulement de s’acheter une conscience à bon compte ?