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AFP
Les Libanais sont peu mobilisés dimanche pour les premières élections législatives en près d’une décennie, un scrutin qui ne devrait pas bouleverser le fragile équilibre des partis au pouvoir.
A la mi-journée, le taux de participation s’élevait modestement à 24,5%, selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, poussant les principales forces politiques à exhorter à nouveau les Libanais à voter, peu avant la fermeture des bureaux de vote.
Le Hezbollah a même demandé à ce que les bureaux qui doivent normalement fermer à 19H00 locales (16H00 GMT) restent ouverts deux heures supplémentaires.
Le président de la République, Michel Aoun, a appelé à la mobilisation, indiquant sur son compte Twitter avoir « remarqué que la participation (…) semble faible dans certaines circonscriptions ».
« Si vous êtes présents (dans les bureaux), le délai sera prolongé pour que tout le monde puisse voter », a assuré le président, laissant entendre une possible extension du temps de vote.
De l’avis des experts, l’issue du scrutin ne pose aucune surprise, et le Parlement (128 députés) devrait être dominé par les partis traditionnels, parmi lesquels le puissant Hezbollah chiite, un allié de la Syrie et de l’Iran.
Et avec une classe politique accusée de corruption et de népotisme, incapable de relancer une économie brinquebalante, une grande partie des 3,7 millions d’électeurs est touchée par le désenchantement.
« Le faible taux (de participation) est un indicateur de la désillusion des Libanais », a indiqué à l’AFP le politologue Karim el-Mufti.
Guy Farah, venu voter avec sa mère dans un quartier de Beyrouth, se veut positif. « Ces 30 dernières années, on n’a rien réussi changer, quand est-ce que ça va se passer? », s’interroge le trentenaire. « Je ne vais pas rester assis à la maison, en disant que la situation est mauvaise ».
« Le nouveau Parlement ne sera pas une source de nuisance pour le Hezbollah. Il bénéficiera de l’absence d’une large coalition face à lui », confirme Imad Salamey, professeur de sciences politiques à l’Université libanaise américaine (LAU), à Beyrouth.
Quelque 597 candidats répartis en 77 listes sont en lice, pour des législatives organisées pour la première fois selon un mode de scrutin proportionnel.
Mais la répartition des sièges est aussi régie par un subtil partage confessionnel, entre les différentes communautés religieuses, et respecte une parité islamo-chrétienne.