Étiquettes
« On condamne sans réserve cette décision », affirme la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, au sujet de l’imposition par les États-Unis, dès minuit, de tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadiens. Québec doit « se tenir debout et ne pas se laisser faire », ajoute-t-elle.
« C’est une décision qui va avoir des impacts du point de vue économique, pas seulement sur le Canada et le Québec, mais également sur les États-Unis », dit Mme Anglade.
Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a confirmé jeudi que les États-Unis allaient de l’avant avec cette décision, annoncée en mars puis suspendue temporairement, le temps de mener des négociations qui se sont révélées infructueuses.
Les exportations canadiennes d’acier seront dorénavant soumises à un tarif douanier de 25 %, et l’aluminium de 10 %.
« Une décision comme celle-là peut provoquer un ralentissement du point de vue économique sur les ventes, mais c’est un ralentissement de part et d’autre, alors c’est un cercle vicieux », a déploré la ministre Anglade à la sortie du caucus libéral jeudi matin.
Le premier ministre Philippe Couillard a renchéri, insistant sur l’effet négatif d’une telle mesure sur le marché américain lui-même.
C’est une mauvaise décision pour les Américains. Ils viennent d’augmenter le coût de toute leur industrie manufacturière et de leur industrie de la défense. C’est totalement illogique.
Pas de protectionnisme québécois
Il n’est toutefois pas question pour Québec de réagir à l’imposition de tarifs douaniers par des mesures similaires.
« Je ne pense jamais que de répliquer à du protectionnisme par du protectionnisme est une bonne solution. On ne veut pas aller dans cette direction-ci », a-t-elle affirmé.
Les industries de l’acier et de l’aluminium représentent 30 000 emplois au Québec, indique Mme Anglade, qui entend malgré tout « défendre bec et ongles les intérêts du Québec. »
Ne pas se laisser faire, ça veut dire de préparer un argument de poids, mais également trouver des alliés et faire le maximum de contacts.
Une rencontre est prévue lundi prochain avec des représentants des secteurs de l’acier et de l’aluminium, indique Mme Anglade, en marge du G7.
La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, y participera également.
En attendant, les neuf missions québécoises aux États-Unis s’activent « pour rencontrer et parler à nos partenaires », indique-t-elle. « On est vraiment sur un mode action sur le terrain [pour] dénoncer le plus possible [la situation]. »
Le premier ministre du Canada Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland tiendront un point de presse en début d’après-midi pour réagir à la situation.