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Florence Autret
On ne parlait plus que de cela ces derniers temps: l’«axe» unissant l’Autriche au sud de l’Allemagne et au nord de l’Italie. Horst Seehofer -Sebastian Kurz – Matteo Salvini – Viktor Orbán formaient une sorte de quatuor infernal qui allait amener au rétablissement des frontières en Europe. Au nom de l’identité européenne, de l’héritage de la démocratie chrétienne, le ministre allemand de l’Intérieur, le premier ministre autrichien, le chef de la Ligue du nord italienne, également ministre de l’Intérieur, et le premier ministre hongrois voulaient rétablir les frontières au centre de l’Union européenne.
Et puis… non! Ou pas encore.
Le sommet de cette semaine à Bruxelles redistribue les cartes, débouchant sur ce que d’aucuns appelleront un «faules Kompromiss», un compromis flemmard. Il mettra des mois à se concrétiser, car il suppose de longs débats entre législateurs européens, mais il révèle les divergences d’intérêts entre pays européens, en fonction de leur situation géographique et démographique.
Cette Italie que l’on croyait tombée aux mains des fascistes de la Ligue
s’est finalement trouvé des raisons de s’appuyer sur le président français, Emmanuel Macron, pour répliquer au sud de l’Allemagne et au tandem austro-hongrois. En acceptant de recevoir des migrants, contre de l’aide,
de l’argent et – même si cela n’est pas dit ainsi – la reconnaissance qu’elle est
un membre responsable (mais pas soumis) du «club», elle casse toute alliance territoriale.
Il n’y a d’axe ni franco-allemand, ni franco-italien, ni austro-hongrois, juste des alliances contingentes et une sorte d’impératif à chercher à s’entendre parce qu’il y a trop à perdre. C’est parce qu’elle crée des alliances contingentes et non des «axes» que l’Union européenne survit tant bien que mal.