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Donald Trump a trouvé un nouveau clou sur lequel taper, le pétrole. Il estime que les prix sont trop hauts et a donc décidé de mettre la pression sur l’Opep, via l’Arabie saoudite.
Provocateur, agitateur… L’imprévisible Donald Trump en fait une nouvelle fois voir de toutes les couleurs aux marchés financiers. Et c’est le pétrole qui a pris pour son grade cette fois-ci. Comme à son habitude, l’histoire débute sur le réseau social préféré du Président américain, Twitter.
Il s’y indigne des prix « élevés » de l’or noir et affirme avoir discuté avec le roi d’Arabie saoudite pour rééquilibrer la situation. « Viens de parler avec le roi Salmane d’Arabie saoudite et lui ai expliqué que, en raison des tensions et dysfonctionnements en Iran et au Venezuela, je demande que l’Arabie saoudite augmente la production de pétrole, peut-être de 2 millions de barils, pour combler la différence. Les prix sont trop hauts! Il est d’accord« , tweete-t-il samedi soir.
Son administration a tenté par la suite de nuancer ses propos en expliquant que cette capacité de réserve de deux millions de barils par jour sera utilisée « avec prudence si et quand il sera nécessaire afin d’assurer l’équilibre et la stabilité du marché, et en coordination avec les partenaires producteurs« . Mais le mal était fait. Les cours du brut ont évolué dans le rouge ce lundi, en particulier le Brent de la Mer du Nord.
Protéger l’économie US et les vacanciers
Ce n’est pas la première fois que le Président américain s’immisce dans les affaires de l’Opep. Le 22 juin dernier, alors que les membres de l’Organisation se réunissaient à Vienne pour discuter de l’avenir de la production pétrolière, Donald Trump demande sur Twitter que l’Opep ouvre les vannes « de manière significative« . « Il faut garder les prix bas!« , avait-il déclaré. Et visiblement, il n’a pas été assez écouté à son goût… Plusieurs experts avaient d’ailleurs jugé que la hausse d’un million de barils décidée il y a plus d’une semaine était trop « vague » pour peser de manière importante sur les cours.
L’une des raisons qui pousse Donald Trump à mettre l’organisation sous pression est de satisfaire son électorat.
Le Président des États-Unis en a donc rajouté une couche ce week-end. Notamment ce dimanche, lors d’une émission sur la chaîne de télévision américaine Fox News. À la question de savoir qui manipule le marché pétrolier, il a répondu: « L’Opep. Elle ferait bien d’arrêter rapidement parce que nous protégeons ces pays, beaucoup de ces pays. L’Opep manipule. »
L’une des raisons qui pousse Donald Trump à mettre l’organisation sous pression est de satisfaire son électorat. Les prix à la pompe ont fortement augmenté ces derniers mois et cela pourrait impacter le moral des Américains. D’autant que les vacances d’été démarrent. « Trump tente à la fois de protéger l’économie et son électorat des coûts élevés du pétrole. Mais si les marchés pétroliers réagissent comme il en a l’intention, nous pourrions assister à des implications pour les valeurs énergétiques et donc les actions en général à un moment où de nombreux indices semblent fragilisés », a averti Greg McKenna, analyste chez AxiTrader.
Sur les Bourses européennes, le secteur pétrolier a reculé de 0,90%. Ce sont surtout les sociétés parapétrolières qui ont souffert comme TechnipFMC (-3,36%), Subsea 7 (-2,92%) ou encore SBM Offshore (-2,78%).
On notera aussi que toutes les matières premières ont été sous pression ce lundi. En plus des déclarations du Président des États-Unis, l’activité du secteur manufacturier en Chine a légèrement ralenti en juin. L’indice des directeurs d’achat (PMI) s’est établi à 51,0 le mois dernier, contre 51,1 en avril et mai. Une conséquence des tensions commerciales avec un certain Donald Trump…