Sports :« Blacks » vs « Whites » en Amérique
Après la victoire incontestable de l’équipe de France dans la World Cup, de nombreuses questions sont soulevées à travers le monde du foot et en général du sport. Non sur la qualité du jeu mais sur la composition de l’équipe surnommée « les Bleus ». Aux yeux de nombreux étrangers, elle apparaît comme une étrange image de la France.
L’intervention de l’ancien président des Etats-Unis, Barak Obama à Johannesbourg à l’occasion de la commémoration des cent ans de la naissance de Mandela est significative.
“Just ask the French football team that just won the World Cup… Not all of those folks looked like Gauls to me. But they’re French! They’re French,”
( Demandez à l’équipe de France qui vient de gagner la Coupe du Monde. Les joueurs ne paraissent pas tous gaulois mais ils sont français, ils sont français !)
La victoire n’est pas contestée pour « Les Bleus », leur style et technique qui leur ont permis d’emporter la coupe non plus mais aux yeux de nombreux étrangers, c’est sa composition qui pose problème. D’où les propos de Obama qui remet les choses à leur place. Qu’importent l’origine et la couleur de la peau, c’est au nom de l’Humanité que cette réussite est possible.
Pourtant Obama sait de quoi il parle et le problème de la « race » ( attention danger, employer ce mot simplement peut vous envoyer en prison et vous faire voler votre argent) a souvent été un conflit important entre spécialistes aux Etats-Unis. Les chercheurs partent d’une constatation évidente : pourquoi les « blacks » sont-ils proéminents, voir dominants dans certains sports et pas dans tous ? En Amérique, pas étonnant pour les « whites » de suivre une majorité de joueurs black évoluer sur un terrain de football américain, une piste de basket ball, un ring de boxe ou une base de baseball mais très peu sur un terrain de golf, sur un court de tennis, un plan de voile, un bassin de piscine, un slalom de ski, un ring de hockey sur glace, cyclisme, gymnastique, patin à glace, badmington, volleyball. Dans l’athlétisme, les spécialistes constatent que les « blacks » gagnent sur des distances courtes ( 100 mètres) mais pas sur les distances plus longues ( 5 000 ou 10 000 mètres). Ce n’est pas faire preuve de racisme pour eux mais une simple question de morphologie.
Plusieurs poussent même leurs études un peu trop loin :
« What really is being said in a kind of underhanded way is that blacks are closer to beasts and animals in terms of their genetic and physical and anatomical make up than they are to the rest of humanity. And that’s where the indignity comes in. »
Harry Edwards,
Professor of Sociology, University of California at Berkeley
( Ce qui est dit en sous-main est que les blacks sont plus proches des bêtes et des animaux au point de vue génétique, anatomique que le reste de l’humanité. Et c’est là que l’indignité apparaît.)
Les « Blacks » sont-ils des « übermenschen » selon Nietzsche, des supermen en shorts et en chaussures Adidas ou Jordan ?
C’est un débat scientific et non politique ou humanitaire, déclare le New York Times qui s’interroge sur cette différence notable sur les stades.
D’ailleurs l’un de ces athlètes black ( On n’ose plus utiliser l’adjectif en français), le meilleur sprinter de tous les temps, confesse ouvertement la version de sa réussite. Je parle de Carl Lewis : « Les blacks, physiquement du moins, sont mieux faits que les whites. » Il poursuit : « Est-ce que quelqu’un peut contester cette question ? »
Une autre interrogation vient s’ajouter à ce sensible débat : il est bon aussi de comprendre que dans les sports « bon marché », ceux qui peuvent être pratiqués dans les zones défavorisées comme le foot, les enfants des ghettos, des favelas ou des zones banlieusardes peuvent s’en donner à cœur joie à taper dans une balle dans la rue ou sur un terrain vague. Souvent un cercle métallique installé au bout d’un poteau sert de terrain d’entrainement au basket. Par contre, taper sur une balle de golfe ou dans une balle de tennis nécessite des équipements autrement plus coûteux et du matériel qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. D’après des chercheurs, il faut voir la différence dans l’équipement mis à la disposition des jeunes plus que la différence de peau.
Ces diverses recherches peuvent-elles s’appliquer à notre équipe des Bleus ?
Il est vrai que dans les commentaires parfois outranciers de nos journaleux gluants, on met trop souvent en avant le fait que ces joueurs « Blacks » viennent de nos banlieues défavorisées et cette admission renforce l’idée que seuls ces quartiers sont capables d’alimenter notre équipe. Ce sport serait trop brutal pour nos petits jeunots whites qui préféreraient les green ou la terre battue. C’est évidemment une honte d’avoir cette idée propre à de nombreux racistes et de penser que le désir de s’arracher à la misère par le sport est plus fort chez eux que dans les beaux quartiers de nos villes.
William Rhoden, éditorialiste du New York Times, un Afro-Américain lui-même, écrit que de tels propos montrent la « folie » et « l’obsession » des Américains à écouter et se prononcer pour cette « unbashed racial feeding Frenzy »( Propagande effrénée d’une démarche raciale ). De croire à ces stéréotypes indique de la part des « Blacks » , non pas une supériorité physique mais une infériorité mentale et morale, une discrimination négative poiur prouver que dans au moins un domaine, le sport, le « black » fait mieux que le « white ». D’après un autre journaliste du NYT, Bob Herbert, il donne l’image d’un « Gentil Nigger », qui est fier de la couleur de sa peau pour montrer un peu de dignité grâce à cette réussite.
L’anthropologue Jon Entine, après de longues et sérieuses recherches avec son équipe, montre que les « blacks » ont un avantage phénotypique ( dû à leur morphologie naturelle) qui les font exceller dans les sports qui demandent agilité et rapidité tel le foot.
Leurs caractéristiques, d’après Entine, proviennent d’une lente évolution corporelle depuis des millénaires dans un environnement difficile et une culture basée sur la recherche et l’exploration pour survivre. Lorsqu’ils ont émigré vers d’autres continents et d’autres mœurs, ils ont conservé leur pouvoir morphologique et avec de l’entrainement intensif ont su le faire ressurgir dans leur sport favori. Cependant, leurs efforts ne peuvent être que de courte durée et c’est l’une des raisons qu’ils sont rapides sur cent mètres et pas sur 10 000 mètres. Ils peuvent produire des démarrages fulgurants à la MBappé mais auraient du mal à jouer prolongations.
Ces théories aussi diverses que controversées sont monnaie courante parmi les ethnologues et paléontologues, spécialistes des sports et anthropologues américains, ce que ne tenteraient pas de faire nos chercheurs français plus restreints dans leurs pensées que leurs collègues d’autre atlantique.
Que peut-on alors dire de l’équipe de France et de sa composition diversifiée ? En un mot grâce à la rapidité de MBappé et à l’agilité de Kante, on pourrait souligner l’efficacité de nos Bleus mais n’est-ce pas s’enfoncer dans un marécage politique et moral ?
Référence :
Entine, Jon (2000). Taboo: Why Black Athletes Dominate Sports and Why We Are Afraid to Talk About It. New York: BSS Public Affairs.
http://sleazy-caricatures.over-blog.com
