Étiquettes

, ,

 Hodeïda, le 2 août 2018 après les bombardements. Au moins 20 personnes ont perdu la vie. ABDO HYDER / AFP

« Depuis une semaine, les frappes aériennes sur Hodeïda et sa banlieue se sont intensifiées. Ce jeudi vers 18h, il y a eu deux raids aériens qui ont touché le marché aux poissons de la ville et un ou deux raids ont touché l’entrée principale de l’hôpital public al-Thawra, qui se trouve non loin du marché aux poissons », rapporte Jolien Veldwijk, directrice adjointe de l’ONG CARE au Yémen jointe depuis Sanaa par RFI. Bilan : au moins 26 morts et 50 blessés.

Riyad n’a pas réagi, mais les médias contrôlés par les Houthis ont accusé la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, dont l’aviation soutient les troupes progouvernementales au sol depuis plus de trois ans. Dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, un conflit meurtrier oppose de longue date le gouvernement du président Mansour Hadi aux rebelles Houthis, qui se sont emparés de vastes pans du territoire dont la capitale, Sanaa. Selon l’ONU, l’intervention de la coalition étrangère en mars 2015 a provoqué « la pire crise humanitaire au monde ».

Après les derniers raids, les autorités de Hodeïda, ville située sur la mer Rouge, ont lancé un appel au don du sang. Le bureau du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen a indiqué sur Twitter avoir envoyé une équipe de chirurgiens à l’hôpital al-Thawra pour soigner « 50 personnes grièvement blessées ». « Ce que l’on a appris également, poursuit Jolien Veldwijk, c’est que les équipes médicales qui ont quitté l’hôpital en ambulance pour aller secourir les victimes du bombardement du marché aux poissons ont été à leur tour visé par un raid. »

Alors que le Yémen dépend des importations pour 90% de ses besoins en nourriture, 70% transitent par le port de Hodeïda. En juin, les forces soutenues par l’aviation de la coalition ont lancé une offensive pour reprendre cette ville stratégique. Fin juillet, « des frappes ont été menées près d’une structure sanitaire et d’un laboratoire (…) et ont endommagé un système d’assainissement à Zabid, ainsi qu’une station hydraulique qui alimente en eau la majorité de la ville », rappelle dans un communiqué le bureau de la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Yémen, Lise Grande.

Source: rfi