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Le président Donald Trump s'adresse aux médias lors d'un point de presse.

Le rapporteur de l’ONU pour la liberté d’expression a soutenu que les propos véhéments du président Trump à l’égard de la presse menacent la liberté d’information. Photo : Reuters/Carlos Barria

« Les journalistes ne sont pas l’ennemi. » C’est ainsi que le Boston Globe titre son éditorial, jeudi, ouvrant le bal pour près de 350 publications et organes de presse qui dénoncent la rhétorique antimédia du président des États-Unis Donald Trump.

Les attaques répétées de Donald Trump à l’endroit de la presse ont des « conséquences dangereuses », met en garde le quotidien américain basé à Boston, qui a initié la campagne #EnemyOfNone (Ennemi de personne).

Le message relayé dans les différents éditoriaux – « La presse indépendante a besoin de vous » pour le New York Times ou encore « Ce journal est l’ennemi de tout ce qui menace le peuple » pour le Chicago Sun Times – est le même : l’attitude de l’administration Trump est en train de mettre en péril un important pilier de la démocratie à coups de « faits alternatifs » et de fausses nouvelles (fake news).

Le mouvement n’est toutefois pas circonscrit aux États-Unis. D’autres médias à travers le monde ont emboîté le pas, comme le quotidien britannique The Guardian (« Au travail et non à la guerre »). Des journaux canadiens, comme le National Observer, ont aussi répondu à l’appel pour dénoncer la « sale guerre » que livre le président américain aux médias.

« Aujourd’hui, nous faisons face à un président qui répète tel un mantra que les membres des médias qui ne manifestent pas leur soutien aux politiques de l’administration [Trump] sont « les ennemis du peuple » », dénonce la direction du Boston Globe.

Et cette pensée déteint sur le reste du camp républicain. Un récent sondage indique que près de 51 % de ses membres considèrent davantage la presse comme un ennemi plutôt qu’un élément essentiel à l’exercice démocratique.

Un partisan du président Donald Trump brandit une pancarte associant les fausses nouvelles à des médias tels que CNN, le CBC News et le New York Times.

Lors d’un rassemblement républicain, un partisan du président Trump brandit une pancarte associant les fausses nouvelles à des médias tels que CNN, le CBC News et le New York Times. Photo : Reuters/Joshua Roberts

Plus important encore, ajoute le Boston Globe, la mentalité de l’administration Trump porte ses fruits : un quart des Américains sondés estiment que le président devrait avoir le pouvoir de faire fermer tout journal ou média sous prétexte d’une « mauvaise attitude ».

En ce sens, 13 % des répondants croient que le président devrait mettre un terme immédiatement aux publications de grands médias américains, conspués à répétition par le locataire de la Maison-Blanche, comme le New York Times, le Washington Post et CNN.


Le président américain a souvent accusé les médias de faire circuler de fausses histoires; dans ce tweet, il s’en prend à CNN, MSNBC et le New York Times, qui véhiculent selon lui de fausses nouvelles.


Dans son éditorial, le Boston Globe va même jusqu’à comparer le mode opératoire du président à celui de dirigeants autoritaires du 21e siècle, comme le président russe Vladimir Poutine ou son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Il cite en exemple les 4229 déclarations mensongères de Donald Trump recensées par le Washington Post au cours des 558 jours qui ont suivi son investiture à la présidence des États-Unis.

Ces éditoriaux […] soulignent d’une même voix l’importance de cette institution fondamentale en Amérique.

Extrait de l’éditorial du New York Times

Si Ivanka Trump a choisi de se distancer des propos de son père, la porte-parole porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, refuse encore à ce jour de dire que les médias ne sont pas l’ennemi du peuple.

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