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Des responsables électoraux procèdent à un décompte des voix à Malmo, en Suède. Photo : Reuters/Agence de presse TT

La coalition de centre gauche a devancé par une très mince avance la coalition de centre droit aux élections législatives en Suède. L’extrême droite connaît une progression marquée, tout de même moins importante que la percée annoncée.

Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse

Alors que la quasi-totalité des résultats électoraux sont comptabilisés, le centre gauche et le centre droit récoltent respectivement 40,6 % et 40,3 % des suffrages.

Le parti d’extrême droite Démocrates de Suède, lui, a recueilli 17,8 % des bulletins dépouillés jusqu’à présent. Il avait recolté 12,9 % des voix au dernières élections, en 2014.

Traditionnellement en Suède, c’est le leader du parti ayant récolté le plus de sièges qui devient premier ministre. Il s’agirait alors du premier ministre sortant, Stefan Löfven, chef du Parti social-démocrate. La fragmentation du vote aux élections d’aujourd’hui vient toutefois brouiller les cartes.

Stefan Löfven, le chef du parti social-démocrate, photographié lors d’un débat télévisé le 8 septembre 2018. Photo : AFP/Anders Wiklund

Puisqu’aucun des deux groupes principaux d’avant les élections n’a atteint la barre des 50 %, de laborieuses négociations seront nécessaires dans les semaines à venir pour déterminer la manière dont le gouvernement sera établi.

Gouverner en coalition

En Suède, puisqu’il est très difficile pour un seul parti d’obtenir une majorité au Parlement (Riksdag), les partis se regroupent en coalitions pour gouverner.

Avant l’élection, le gouvernement était contrôlé par une coalition de centre gauche regroupant, en ordre d’importance, le Parti social-démocrate et le Parti vert. Une autre formation, le Parti de gauche, offrait son vote de confiance au cabinet Löfven sans toutefois y participer. Il permettait ainsi au centre gauche de rester au pouvoir.

La coalition de centre droit, aussi appelée l’Alliance, était formée des modérés, du Parti de centre, des libéraux et des chrétiens-démocrates, et formait la principale opposition.

Le parti d’extrême droite Démocrates de Suède, seul autre parti majeur en Suède, n’était pas coalisé. Il espérait faire des gains suffisant lors des élections de 2018 pour pouvoir forcer le centre droit à collaborer avec lui.

Ces alignements politiques pourraient être transformés après les élections.

Un pacte avec l’extrême droite?

Malgré des résultats plus faibles que prévu, l’extrême droite pourrait jouer les faiseurs de rois dans ce parlement particulièrement fragmenté.

« Nous sommes les grands gagnants de cette élection […]. Nous allons exercer une véritable influence sur la politique suédoise », a lancé un Jimmie Åkesson, leader des Démocrates de Suède, devant ses partisans réunis dans un restaurant de Stockholm.

Le chef du parti d’extrême droite Démocrates de Suède, Jimmie Akesson, s’adresse à ses électeurs à Malmo. Photo : Reuters/TT News Agency

« Je suis prêt à parler, à coopérer, à négocier avec tous les partis, mais je veux surtout inviter Ulf Kristersson à négocier », a-t-il ajouté, invitant le chef des modérés et de l’Alliance à s’ouvrir à l’extrême droite.

Un pas qui pourrait s’avérer risqué pour le chef du parti modéré. Les centristes et les libéraux, membres de sa coalition, ont insisté sur leur refus d’un « pacte avec le diable ». Sept sympathisants conservateurs sur dix ne voudraient pas non plus entendre parler d’une main tendue à l’extrême droite.