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Le président de la République Michel Aoun a prononcé hier à l’Assemblée générale de l’ONU à New York un discours principalement centré sur le retour des réfugiés syriens et le dossier des réfugiés palestiniens, fragilisés par l’arrêt du financement de l’Unrwa, l’agence onusienne chargée de leur apporter assistance au Proche-Orient.

M. Aoun a réitéré la position du Liban hostile à « toute implantation d’un migrant ou d’un réfugié », appelant au « retour décent, sécurisé et permanent » des réfugiés syriens dans leur pays et refusant de lier ce retour à « une solution politique incertaine ».

« Le nombre considérable (des déplacés syriens) a eu des répercussions graves sur la société libanaise à plusieurs niveaux : sécuritaire, avec l’augmentation du taux de criminalité à plus de 30 %, économique, avec un taux de chômage à 21 %, démographique, avec une densité allant de 400 à 600 habitants par kilomètre carré, a-t-il déclaré.

« À la lumière de tout cela, je confirme à nouveau la position de mon pays qui œuvre à consacrer le droit d’un retour décent, sécurisé et permanent des migrants à leur terre, et à refuser toute tergiversation ou marchandage concernant ce dossier crucial, le liant à une solution politique incertaine. De même, nous opposons un rejet à toute implantation d’un migrant ou d’un réfugié au Liban. Ainsi, nous accueillons favorablement toute initiative – à l’instar de l’initiative russe – qui vise à résoudre cette crise. »

Abordant la question palestinienne et celle des réfugiés de ce pays au Liban, M. Aoun a fustigé « les approches politiques internationales envers la région du Moyen-Orient » qui « manquent cruellement de justice ». Ces approches « affirment la chose et son contraire, semant le doute chez les peuples de la région quant à l’approche de la démocratie par des pays pionniers de ce système ». « La cause palestinienne illustre parfaitement cette situation, a-t-il poursuivi. L’impunité qui l’entoure a provoqué de nombreuses guerres au Moyen-Orient et a engendré une résistance qui ne cessera pas avant que toute iniquité soit éliminée et que la justice règne. » Le président a évoqué les récentes décisions de déménager certaines ambassades à Jérusalem (sans nommer les États-Unis) malgré le vote contre la proclamation de cette ville comme capitale d’Israël à l’Assemblée générale de l’ONU, ainsi que le vote de la loi de « l’État-nation juif » en Israël qui pousse à l’exode et au refus de l’autre, selon lui. Et pour couronner le tout, la décision de couper les aides à l’Unrwa.

« Le but de cette organisation est de répondre aux besoins (des réfugiés palestiniens) et de les protéger jusqu’à ce qu’une solution à leurs souffrances soit trouvée, a lancé le président Aoun. Est-ce que les souffrances des réfugiés palestiniens sont terminées pour que le rôle de l’Unrwa le soit aussi ? Le fait de paralyser son rôle n’est-il pas une façon de préparer la suppression du statut de réfugiés afin d’aboutir à leur assimilation dans les pays d’accueil, d’éliminer l’identité palestinienne et de consacrer l’implantation ? »

Se demandant si « la conscience mondiale peut accepter » de telles injustices, il a rappelé que « les violations israéliennes de la résolution 1701 se poursuivent au sol, par mer et par air, bien que le Liban respecte entièrement cette résolution ».

Source: OLJ