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Donald Trump en gros plan.

Donald Trump accuse les médias d’être responsables du climat politique et social toxique aux États-Unis. Photo : Associated Press/Andrew Harnik

 

Au lendemain de la victoire électorale de Donald Trump, le 9 novembre 2016, l’ex-leader du Ku Klux Klan David Duke écrivait au président désigné sur Twitter : « N’oubliez pas qui vous a permis d’arriver où vous êtes. » Cette courte phrase d’un raciste et antisémite notoire en disait long sur ce que venait de réveiller aux États-Unis l’élection du milliardaire new-yorkais.

 

Un texte de Christian Latreille

Donald Trump ne doit pas sa victoire aux suprémacistes blancs, comme le laissait entendre David Duke. Cependant, ces groupuscules racistes, en dormance depuis plusieurs années, se sont réveillés après l’élection présidentielle et ont ressorti publiquement leur rhétorique d’extrême droite. Ils ont vu en Donald Trump quelqu’un qui allait parler haut et fort, entre autres, pour les Blancs.

La brève présence de Steve Bannon à la Maison-Blanche comme stratège en chef du président a aussi contribué à l’idée que l’ultranationalisme blanc était acceptable dans cette nouvelle administration. M. Bannon a dirigé le site d’extrême droite Breitbart qui a publié des articles à saveur antisémite et contre la présence des immigrants aux États-Unis.

Donald Trump n’est ni raciste ni antisémite. Aucune preuve probante n’existe à cet égard.

Seulement, ses discours anti-immigration ainsi que l’absence d’une condamnation de ces néonazis qui ont manifesté à Charlottesville, en Caroline du Nord, en août 2017, correspondent avec la montée d’actes antisémites et racistes. Les mots comptent, répète sans cesse l’ex-vice-président Joe Biden.

Selon le Center for Southern Law and Poverty, le nombre de groupes haineux aux États-Unis est passé de 784 en 2014 à 953 en 2018.

La Anti-Defamation League a enregistré, pour sa part, une hausse de 60 % des actes antisémites en 2017. Une étude réalisée par le Center for the Study of Hate and Extremism révèle une augmentation des crimes haineux de 12 %, en 2017, soit le niveau le plus élevé en 10 ans.

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, affirmait lundi qu’il serait injuste de ne blâmer que Donald Trump pour le climat politique et social toxique qui règne aux États-Unis.

La chroniqueuse du Washington Post Catherine Rampell a écrit que le Parti républicain est aussi responsable de cette atmosphère empoisonnée.

De plus, certains représentants républicains au Congrès vont loin : Matt Gaetz, de la Floride, nie l’Holocauste, et Steve King, de l’Iowa, « flirte » ouvertement avec les suprématistes blancs, a souligné Mme Rampell. Sans compter le néonazi Arthur Jones, qui se présente pour les républicains aux élections de mi-mandat dans le troisième district en Illinois.

Le silence des dirigeants républicains

Alors, pourquoi les leaders du parti comme Mitch McConnell et Paul Ryan laissent-ils ces extrémistes de droite briguer les suffrages sans dire un mot? Ce silence ne les rend-il pas complices du racisme et de l’antisémitisme de ces élus? Le Parti républicain n’a-t-il pas le devoir de passer un coup de balai dans sa cour?

Beaucoup de questions sans réponse, à un moment où tous se lancent la pierre pour expliquer l’explosion d’une certaine violence.

Les Américains cherchent un peu de lumière après les derniers jours plutôt sombres.

L’approche des élections de mi-mandat, le 6 novembre, n’aide en rien le retour de la civilité.

Le président Trump n’a pas réussi à rassembler, en cette période de turbulences.

À deux reprises, il a tenté d’unir ses concitoyens en dénonçant l’envoi de lettres piégées ainsi que la tuerie à Pittsburgh. Dans les deux cas, la trêve a été de courte de durée. Il est vite revenu à des propos guerriers, accusant les médias d’être responsables du climat actuel.

Donald Trump n’est peut-être pas un raciste, mais ses discours véhiculent parfois de la haine, comme le souligne Lynette Lederman, ex-responsable de la synagogue où a eu lieu la fusillade de samedi dernier, à Pittsburgh.

D’ailleurs, plusieurs à Pittsburgh ne souhaitaient pas la présence du président, mardi.

Les Américains ont beau vouloir s’unir dans l’adversité, ils cherchent encore le leader qui pourrait les éclairer et surtout trouver les bons mots pour faire taire l’intolérance.

 

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