Étiquettes

, ,

De la fumée s'échappe d'un entrepôt du Programme alimentaire mondial alors qu'un incendie l'engloutit à Hodeïda le 31 mars 2018.

Hodeïda est le principal port du Yémen par où transite l’essentiel de l’aide humanitaire à destination de la population yéménite. (Archives) Photo : Reuters/ABDULJABBAR ZEYAD

La trêve aura été de courte durée au Yémen, où les combats ont repris lundi soir à Hodeïda entre les rebelles houthis et la coalition sous commandement saoudien, qui avait suspendu ses bombardements contre la ville portuaire, voilà quatre jours.

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters

Les habitants de Hodeïda rapportent des raids aériens de la coalition contre les rebelles et des affrontements à quelques kilomètres seulement du port, une position névralgique depuis 2015, quand a débuté la guerre lancée par la coalition menée par Riyad. Des témoins font état d’au moins une dizaine de frappes aériennes.

Un habitant cité par l’agence Reuters affirme qu’un missile a été tiré du centre-ville vers le quartier du « 7 Juillet », où des combats au sol font rage.

La ville portuaire de Hodeïda, qui donne sur la mer Rouge, est le principal port du Yémen par où transite l’essentiel de l’aide humanitaire à destination de la population yéménite.

De moins en moins soutenue, la coalition arabe avait ordonné jeudi la suspension de son offensive contre la ville de Hodeïda, sous la pression des Occidentaux qui veulent désormais un cessez-le-feu pour relancer les efforts de paix.

Dimanche soir, le chef du Comité suprême révolutionnaire des Houthis, Mohammed Ali al Houthi, avait annoncé l’arrêt des attaques de drone et des tirs de missiles contre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et leurs alliés au Yémen. Il s’était dit prêt à un cessez-le-feu d’une plus grande ampleur.

Les affrontements de lundi à Hodeïda ont eu lieu alors que l’émissaire de l’ONU Martin Griffiths tente de relancer le processus de paix, après l’échec de septembre dernier à Genève. Les Houthis ne s’y étaient pas déplacés.

M. Griffiths entend tenir d’ici la fin de l’année en Suède une conférence pour la paix.

Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, a déclaré qu’il enverrait une délégation à Stockholm.

La Grande-Bretagne a présenté au Conseil de sécurité un projet de résolution demandant une trêve dans la ville et le passage, sans obstacle, de l’aide humanitaire. Toutefois, aucune date n’a été fixée pour le vote de ce texte.

Devenue un allié gênant, l’Arabie saoudite, la voix du souverain Salmane, a réaffirmé son soutien à l’initiative onusienne. L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre dernier semble y être pour quelque chose.

Le Yémen est en proie à la pire crise humanitaire au monde, selon l’ONU. Il est divisé entre les forces progouvernementales – qui contrôlent le sud et une partie du centre du pays – et les rebelles houthis, à Sanaa ainsi que dans le nord et une bonne partie de l’ouest du pays.