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Samedi, les manifestations des gilets jaunes et les incidents sur les Champs Elysées ont à nouveau fait la une de l’actualité.La prolongation du mouvement, une manifestation étant évoquée samedi prochain, ne sera probablement pas arrêtée par les annonces dérisoires et les mauvaises polémiques d’un gouvernement aux abois. Car, comme le dit Sapir, nous entrons dans une vraie crise politique.

 Un condensé de tout ce qui ne va pas
Il y a 25ans, le thème de la fracture sociale avait influencé l’élection présidentielle.Le problème, c’est qu’entre-temps, cette fracture s’est profondément accrue. Il faut rappeler qu’à l’époque, le patron de Renault gagnait 150 000 euros, par an. Dans le même temps, le chômage de masse s’est enkysté et le pouvoir d’achat de beaucoup a souvent baissé. Bref, l’écart d’alors s’est transformé en gouffre béant. S’y est ajoutée une vraie fracture territoriale, notamment théorisée par Christophe Guilluy, dans « La France périphérique ». Et pour couronner le tout, s’y ajoute une fracture fiscale, où les impôts des riches baissent quand ceux des autres montent, particulièrement criante sous Macron.

Et parce que Macron représente un condensé des injustices sociales, territoriales et fiscales des dernières décennies, la hausse des taxes sur l’essence est devenue insupportable, alors même que des milliards ont été donnés aux plus riches,et que kérosène et fuel lourd échappent à ces taxes. Il f aut rappeler ici que les prix du diesel ont augmenté de 50% en 3 ans, un poids insupportable pour des bas revenus contraints de faire beaucoup de kilomètres.La goutte d’eau qui peut faire basculer dans la pauvreté, l’accentuer plus encore ou en rapprocher dangereusement. Avec la hausse prévue en janvier, le gouvernement veut donc imposer une augmentation du prix de près de 10% !
Ce que les macronistes feignent d’ignorer, c’est que la hausse du prix de l’essence n’est que la pointe d’une crise plus profonde.Si le feu prend, c’est à cause de la politique fiscale globale, et probablement du ton et du discours du président de la République. En cela, la crise est plus profonde encore que les évènements des derniers jours ne l’indiquent. Marianne a raison de parler de « révolte sociale », et Sapir de « crise politique », une immense majorité de Français soutenant le mouvement. Cette crise est probablement le moment où la rupture entre le président et les citoyens a été définitivement consommée. On peut penser que le gouvernement ne pourra plus jamais redevenir populaire…
Ce ne son pas ses réactions qui vont arranger les choses. Castaner s’est attiré des reproches unanimes pour son intervention de samedi, où il incriminait abusivement Marine Le Pen et parlait de « séditieux d’extrême-droite », alors que tout le monde sait que les casseurs viennent des deux extrêmes. Pire, l’annonce conjointe du maintien de la hausse des taxes en janvier et de la création d’un Haut Conseil pour le Climat renforce le sentiment de coupure complète avec les gilets jaunes. Bien sûr, le pouvoir compte sans doute sur un pourrissement de la situation, les gilets jaunes n’ayant pas toujours les moyens de poursuivre le mouvement, mais ce serait une victoire à la Pyrrhus.

Voilà pourquoi je souhaite à nouveau témoigner de mon soutien au mouvement, qui rappelle le M5S Italien ou les Podemos Espagnol et témoigne du renforcement d’une volonté de changement salutaire. Et quelle satisfaction de les voir s’emparer du drapeau national et de la Marseillaise dans leur lutte,comme s’il était évident que la solution sera nationale ou ne sera pas.

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