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Le président américain Donald Trump et le dirigeant chinois Xi Jinping ont prévu un « dîner de travail » en fin de journée samedi. Photo : Reuters/Carlos Barria
Pour sa seconde journée samedi, le sommet du G20, marqué par de multiples fractures, sera tout entier tourné vers la rencontre prévue en soirée entre Donald Trump et Xi Jinping, qui vont tenter de négocier une trêve commerciale.Agence France-Presse
Sous le regard angoissé des marchés, les deux poids lourds de l’économie mondiale, dont l’affrontement à coups de barrières douanières commence à peser sur la croissance, ont prévu un « dîner de travail » en fin de journée.
Signe que l’heure est davantage aux duels qu’aux grandes négociations à 20, dix ans après un tout premier sommet du G20 marqué par l’union sacrée face à la crise financière, ce rendez-vous est plutôt marqué au fer rouge par l’ère du protectionnisme.
Vendredi, Wall Street a terminé en hausse à la faveur d’un regain d’optimisme concernant les relations entre Washington et Pékin. Les analystes veulent voir un signe positif dans la signature vendredi à Buenos Aires par les États-Unis, le Mexique et le Canada du nouveau traité de libre-échange nord-américain.

Le président américain Donald Trump, le premier ministre du Canada Justin Trudeau et le président mexicain Enrique Pena Nieto lors de la cérémonie de signature de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) avant le sommet du G20 à Buenos Aires en Argentine le 30 novembre 2018. Photo : Reuters/Kevin Lamarque
« C’était rassurant de voir » les présidents américain, mexicain et le premier ministre canadien « enfin signer » le nouvel accord commercial qui les unit et « d’entendre Donald Trump suggérer qu’un compromis pourrait être trouvé avec la Chine », a souligné Christopher Low, économiste pour FTN Financial.
« Il existe des signes positifs, nous allons voir ce qui se passe. Si nous pouvions parvenir à un accord, ce serait bien », a estimé le président américain, champion du protectionnisme, qui souffle depuis plusieurs jours le chaud et le froid au sujet de son face à face prévu avec Xi Jinping.
Son homologue chinois a, lui, demandé aux autres leaders de « défendre le système commercial multilatéral ». Il a aussi promis de « poursuivre les réformes » pour ouvrir le marché chinois et mieux protéger la propriété intellectuelle, selon l’agence Xinhua.
La parenthèse MBS

La réunion bilatérale prévue entre le Saoudien Mohammed ben Salmane et le Russe Vladimir Poutine attire aussi l’attention. Photo : Associated Press/Pablo Martinez Monsivais
Autre moment fort de samedi, la réunion bilatérale entre le Saoudien Mohammed ben Salmane, alias « MBS », et le Russe Vladimir Poutine.
Le cours de l’or noir, en chute libre, est suspendu depuis des semaines à un éventuel accord des deux puissances pétrolières sur une baisse de production.
Un accord des deux hommes, qui ont affiché leur franche camaraderie vendredi, pourrait déclencher l’ire du président américain.
Donald Trump est un des principaux soutiens du prince saoudien, sur lequel il compte pour maintenir un prix du pétrole bas et dont la réputation est entachée par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.
Vladimir Poutine est, lui, critiqué de toutes parts pour avoir déclenché une escalade militaire avec l’Ukraine en mer Noire.
« Il y aura une rencontre importante [entre Poutine et MBS] où seront évoquées non seulement des questions énergétiques, mais aussi une augmentation des investissements de l’Arabie saoudite en Russie », a déclaré lors d’un point de presse le président du Fonds russe des investissements directs, Kirill Dmitriev.
Convaincre Trump
Au moment où de sérieux doutes planent sur la capacité du G20 à signer un communiqué final, les autres participants vont essayer de ne pas jouer les figurants.
Cette édition du sommet est vraiment particulière, selon une source diplomatique française. L’an dernier à « Hambourg, il y avait un peu une forme de naïveté collective face à Trump, car il y avait l’idée qu’on pouvait le convaincre », a-t-elle confié à des journalistes.
Dans un brouillon du communiqué final datant de lundi, et vu par l’AFP, aucune critique du « protectionnisme », qui serait intolérable pour les Américains.
Il y est question de « s’atteler aux défis du changement climatique », en tenant compte de « circonstances nationales différentes ».
Les Européens présents au G20 (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas invités, Grande-Bretagne, UE) vont tenter de sauver les meubles en obtenant au moins 19 signatures – celle de Donald Trump étant exclue – sous un soutien plus ambitieux à l’accord de Paris sur le climat, dénoncé par les Américains.