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La fin de la domination idéologique et politique de l’oligolibéralisme pourrait bien approcher avec Macron et les gilets jaunes. En faisant exploser un duopole PS-LR trop souvent d’accord, il créait une opportunité que sa présidence calamiteuse renforce encore. Et si, après la victoire volée de 2005, les évènements des dernières semaines ouvraient enfin la voie à un véritable changement ?

La pensée unique, réduite à la portion congrue
Derrière les nouvelles violences bien évidement condamnables de samedi dernier, je vois beaucoup de motifs d’espoir dans le mouvement des gilets jaunes. Derrière les casseurs, que des forces de l’ordre, insuffisantes en nombre, et les sivées par les plans d’économie, n’ont pu maîtriser, apparaît un mouvement politique réjouissant. Car l’esprit des gilets jaunes, c’est celui de ceux qui se sont assis pour protester contre le non accès aux Champs Elysées, et de ceux qui ont protégé la flamme du soldat inconnu. Il ne faut pas les confondre avec les casseurs qui en ont profité et que le gouvernement n’a pas su maîtriser,lui permettant des amalgames profondément malhonnêtes, et inefficaces.

Car le mouvement des gilets jaunes est un mouvement profondément politique et social.C’est le ras-le-bol de la grande majorité d’une population face à un régime qui pousse plus loin que tous les autres auparavant une politique de classe, où les plus riches et les multinationales sont outrageusement favorisés au détriment de l’immense majorité, et particulièrement les retraités et cette France périphérique, étranglée par la hausse de 50% du prix du diesel en trois ans. Pourquoi donc maintenir la nouvelle hausse de 4% de janvier ? Un choix révoltant quand le kérosène et le fuel des cargos et des paquebots est épargné, et alors que la France d’en haut a bénéficié de milliards de cadeaux au début du mandat.
La longue liste de revendication des gilets jaunes, publiées il y a une semaine,a un sens profondément politique : le refus du laisser-faire oligolibéral et la volonté de retour aux politiques de progrès social des Trente Glorieuses,s’appuyant sur le service public et un juste partage juste des fruits de la croissance. Mais par delà le fond des politiques, ce qui est très intéressant, comme lors de« Je suis Charlie »,c’est le fait que les manifestants se rassemblent souvent en chantant la Marseillaise, comme une redécouverte du fait que l’action politique passe forcément par la nation. Bien sûr, la France est sous camisole européenne, mais ces mouvements feront à terme avancer les idées souverainistes.
Il y a un caractère quasiment révolutionnaire à la période actuelle. Alors que la pensée unique parvenait à conserver un soutien proche de la moitié de l’électorat, Macron semble la précipiter vers un étiage bien plus réduit, comme le montre le soutien de plus de trois quarts de la population aux gilets jaunes. Bien sûr, ce soutien n’est pas uniforme, loin de là, comptant aussi des partisans du moins d’Etat, mais je pense que son centre de gravité n’est pas dans le ras-le-bol fiscal, mais bien plus dans la dénonciation d’une fiscalité à deux vitesses, entre privilégiés pour lesquels la pression va toujours plus bas et une grande majorité qui perd des services publics essentiels tout en payant plus…
Merci donc à nouveau aux gilets jaunes pour votre mouvement, qui achève de déconsidérer une présidence déjà à bout de souffle, ’absence d’une opposition alternative forte et rassembleuse en face. Même s’il gagnait en jouant la carte du pourrissement, ce ne serait qu’une victoire à la Pyrrhus. Les gilets jaunes ont mis la pensée oligolibérale défendue par Macronen ultra-minorité.