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La ministre de la justice Nicole Belloubet a renoncé lundi à présider la cérémonie de remise d’une récompense aux associations B’Tselem et Al-Haq, mises en cause par Israël et les organisations juives de France.

Par Piotr Smolar et Marc Semo

La garde des sceaux Nicole Belloubet, le 21 novembre à l’Elysée.
La garde des sceaux Nicole Belloubet, le 21 novembre à l’Elysée. ALAIN JOCARD / AFP

Devant les pressions, le gouvernement français a cédé. La ministre de la justice Nicole Belloubet devait présider lundi 10 décembre la remise du prix des droits de l’homme, doté par les services du premier ministre Edouard Philippe. Composé de membres de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), le jury a décidé d’honorer cinq lauréats cette année. L’un des prix est une récompense commune à deux ONG, israélienne et palestinienne, B’Tselem et l’association Al-Haq. Une façon de saluer leur travail de documentation de l’occupation, dans un environnement hostile, et ce le jour de la célébration de la déclaration universelle des droits de l’homme, signée il y a soixante-dix ans.

Or la garde des sceaux a décidé en fin de semaine dernière de ne pas participer à la cérémonie, contrairement à ce que la CNCDH avait annoncé le 28 novembre. « Son agenda ne le lui permettait pas, regardez ce qui se passe actuellement », se justifie-t-on dans son entourage, en référence aux réunions de crise autour d’Emmanuel Macron, ce lundi. Mais aucun autre membre du gouvernement n’a été dépêché à sa place. C’est finalement François Croquette, ambassadeur pour les droits de l’homme, qui a remis les prix, après des jours orageux de négociations en coulisses. L’affaire est d’autant plus embarrassante que les deux ONG sont connues et appréciées de longue date par les diplomates français et leurs collègues européens, chargés des territoires palestiniens.

Ce revirement de Mme Belloubet a coïncidé avec une campagne de pressions exercées en Israël par des responsables de la droite, et en France, par les organisations juives. Jusqu’au dernier moment, elle a visé à empêcher la présence d’un représentant du gouvernement français. Cette absence à cette cérémonie est en soi exceptionnelle, seulement constatée deux fois en trente ans.

source : le monde.fr