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Seize personnes, dont quatre Américains, ont été tuées mercredi dans un attentat suicide revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI) à Minbej, en Syrie. C’est l’attaque la plus meurtrière contre les forces américaines de la coalition internationale depuis 2014 dans ce pays.
« Deux militaires, un employé civil du ministère de la Défense et un employé d’un sous-traitant du Pentagone ont été tués, et trois autres militaires ont été blessés lors d’une interaction locale à Minbej, en Syrie, le 16 janvier », a indiqué le commandement central de l’armée américaine (Centcom) dans un communiqué.
Douze autres personnes — sept civils et cinq combattants d’une force arabo-kurde qui accompagnaient la patrouille américaine — ont également péri dans cet attentat près d’un restaurant du centre de Minbej (nord), selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.
Une vidéo filmée par une agence kurde locale sur les lieux du drame montre une façade noircie et complètement éventrée, le sol couvert de gravats avec du sang sur le mur.
Après l’attaque, des blindés arborant le drapeau américain étaient visibles dans les rues de Minbej, tandis que des soldats armés montaient la garde, a constaté un collaborateur de l’AFP.
Le groupe EI a revendiqué, dans un communiqué sur l’application Telegram, l’attentat mené par « le frère kamikaze Abou Yassine al-Chami », qui a fait détoner sa veste d’explosifs au milieu d’une « patrouille comprenant des membres de la coalition croisée ».
En 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une force arabo-kurde soutenue par la coalition internationale, ont chassé le groupe EI de Minbej. En 2017, le Pentagone a affirmé que des militaires américains avaient été déployés dans le secteur de Minbej.
Malgré les défaites infligées à l’organisation djihadiste, qui a vu les territoires sous son contrôle se réduire comme peau de chagrin, le groupe parvient encore à mener des attentats meurtriers.
Retrait américain
L’attaque de Minbej est la plus meurtrière pour les forces américaines en Syrie, au vu des chiffres du Pentagone, qui a rapporté la mort ces dernières années de deux Américains tombés au combat dans ce pays, dans deux incidents distincts.
Elle survient après l’annonce en décembre d’un retrait prochain des troupes américaines de Syrie. Le président Donald Trump a justifié ce désengagement en assurant que le groupe EI avait été vaincu.
Mercredi, le vice-président américain, Mike Pence, a affirmé que les États-Unis rendraient impossible toute résurgence de l’organisation, après le décès de militaires américains.
« Nous resterons dans la région et nous poursuivrons la lutte pour assurer que le groupe EI ne montre plus sa face immonde », a déclaré M. Pence, en confirmant toutefois le futur désengagement annoncé des troupes américaines.
L’organisation EI est aujourd’hui acculée dans un réduit dans la ville orientale de Deir Ezzor, où elle est la cible d’une offensive des FDS avec l’appui de la coalition.