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PARIS (Reuters) – Ce dernier week-end de janvier a de nouveau des allures de test pour l’exécutif, avec un 11e samedi de mobilisation des “Gilets jaunes” en France, auquel répondra dimanche à Paris “Une marche républicaine des libertés”.

Ce dernier week-end de janvier a de nouveau des allures de test pour l’exécutif, avec un 11e samedi de mobilisation des « Gilets jaunes » en France, auquel répondra dimanche à Paris « Une marche républicaine des libertés ». /Photo prise le 19 janvier 2019/REUTERS/Stéphane Mahé
Le mouvement des “Gilets jaunes”, traversé de contradictions sur la stratégie à adopter, notamment pour les élections européennes, et dont les figures les plus médiatiques défileront en ordre dispersé, s’efforce de trouver un nouveau souffle.
Certains de leurs chefs de file ont appelé, sous la bannière du “Rassemblement des Gilets jaunes citoyens”, à prolonger les manifestations de samedi dans la capitale par une “nuit jaune” place de la République, qui fut dans le passé le point de ralliement d’un autre mouvement protestataire, “Nuit debout”.
Un appel relayé par un des initiateurs du mouvement, Eric Drouet, et une autre de ses figures, Thierry Paul Vallette.
“Nous devons maintenir nos mobilisations. Elles ne doivent plus se faire dans la violence. Nous devons avoir d’autres alternatives”, lit-on sur la page Facebook “Nuit Jaune”.
“Nous maintiendrons ces nuits au moins jusqu’à la fin du grand débat”, ajoutent les auteurs de ce texte. Une allusion à la consultation nationale lancée par le chef de l’Etat pour tenter de trouver une réponse à cette fronde, partie d’un rejet des hausses de taxe sur les carburants mais très vite élargie à des revendications très diverses.
“Nous profiterons de ces ‘nuits jaunes’ pour recueillir dans le ‘cahier jaune’ nos véritables revendications. Pas celles que nous imposent Emmanuel Macron”, ajoutent-ils
Le “grand débat” lancé il y a dix jours a déjà atteint une forme de rythme de croisière, avec des centaines de réunions programmées en France et la participation active du chef de l’Etat, qui bénéficie d’une légère embellie dans les sondages, même si sa cote de popularité reste faible.
Selon le ministère de l’Intérieur, les “Gilets jaunes” ont encore mobilisé environ 84.000 manifestants, dont 7.000 à 8.000 à Paris, lors des deux derniers samedis, avec des débordements violents mais bien moindre qu’en décembre.
“Ce nouveau samedi de mobilisation va nécessiter encore une fois une engagement très intense de la part de nos forces”, a dit le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez vendredi, lors d’une réunion sur le maintien de l’ordre ce week-end.
SOUS SURVEILLANCE
“Tenons-nous nous prêts, car on s’attend quand même à avoir un niveau de violence de la part des casseurs qui vont infiltrer comme à chaque fois la plupart des cortèges”, a-t-il ajouté.
Lors des deux précédents samedis, quelque 80.000 policiers et gendarmes, dont 5.000 à Paris, ont été mobilisés.
Laurent Nuñez a précisé qu’il n’y aurait pas de changement dans l’emploi de ces forces : “On suit les groupes à risque, intervention systématique chaque fois qu’il y a des violences (…), on intervient pas seulement pour disperser mais aussi pour interpeller.”
Gouvernement, policiers et gendarmes se savent aussi sous surveillance, après la polémique qui s’est développée sur l’usage des “lanceurs de balles de défense” (LBD) et les blessures que ces armes intermédiaires infligent.
Les forces de l’ordre expérimenteront ainsi pour la première fois ce samedi l’utilisation de LBD par des binômes, dont un des deux membres sera porteur d’une “caméra piéton” qui filmera l’utilisation de cette arme et le contexte.
Cela permettra le cas échéant de “réunir des preuves si il y avait une contestation de l’usage du LBD”, a dit Laurent Nuñez.
A Paris, cinq manifestations ont été déclarées, la première à partir de 10h00 de la place Charles de Gaulle, en haut des Champs Elysées, à la Bastille, qui sera également le point de ralliement de deux autres cortèges. Une autre est prévue sous forme de rassemblement à partir de 17h00 place de la République.
Dimanche, les partisans du “grand débat” et opposants à toute contestation violente se compteront à leur tour à Paris dans “une marche républicaine des libertés” à l’appel des collectifs “STOP, maintenant ça suffit” et “Foulards rouges”.
Les organisateurs de cette manifestation jurent qu’elle est “apolitique” et qu’ils sont mûs par le seul souci de dénoncer les violences et de promouvoir le dialogue.
La République en Marche (LaRem), parti du président, et le gouvernement observent prudemment cette initiative.
“Ce n’est pas uniquement dans des manifs pour ou contre que les choses doivent se faire mais je comprends”, a dit sur France 2 le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, vendredi.