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par Le cran

Indignés, stupéfaits, plus de 1500 internautes ont partagé le lien sur Facebook. Un projet pédagogique invite les enfants d’une classe de CM2 de l’agglomération nantaise à travailler sur les « bienfaits de la colonisation. Les élèves doivent compléter un texte à trous, que le CRAN, en lien avec un parent d’élève, a pu se procurer : »

« Sans pour autant oublier les aspects négatifs de la colonisation, il ne faut pas oublier les bienfaits que cela a eus pour les populations colonisées. D’abord les colons ont apporté l’instruction et une langue commune à des peuples qui vivaient sur le même territoire, mais avec des langues différentes, et ne se comprenaient pas forcément. De plus, ils ont apporté les soins médicaux, et ont limité les morts d’enfants et d’adultes. Enfin, ils ont développé des trains et des routes, facilitant le transport des hommes et des marchandises. »

Le CRAN rappelle que la première époque coloniale a été marquée par l’esclavage, reconnu comme crime contre l’humanité depuis la loi Taubira ; et la deuxième vague de colonisation a été caractérisée également par le travail forcé, les massacres et parfois les génocides. Plus de 500 000 morts en Algérie, à partir de 1830, entre 6 et 12 millions de morts au Congo belge, à l’époque de Léopold, etc. C’est pourquoi Emmanuel Macron a eu raison de déclarer que la Colonisation fut globalement « un crime contre l’humanité ».

« Sauf à vouloir faire œuvre de révisionnisme ou de négationnisme, on ne cherche pas à démontrer les aspects positifs d’un crime contre l’humanité, a déclaré Ghyslain Vedeux le président du CRAN. Et cette propagande coloniale est tout à fait insupportable, a fortiori dans l’Education nationale, avec des enfants du primaire. C’est une manipulation ignoble », a t-il ajouté.

C’est pourquoi le CRAN a interpellé le recteur de l’Académie de Nantes, ainsi que Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, pour leur demander des explications. Comment cette propagande coloniale est-elle possible dans une classe de primaire ? Est-ce un phénomène isolé ? Quelles sanctions sont prévues ? Et au-delà, quelle est la formation des maîtres sur ces questions coloniales ? Quelles mesures vont être prises ?

Par ailleurs, sur le fond, Louis-Georges Tin, le président d’honneur du CRAN, renvoie l’enseignante et le public à la réponse qu’Aimé Césaire avait formulée dès 1950 dans le Discours sur le Colonialisme :
« A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J’entends la tempête. On me parle de progrès, de « réalisations », de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. »

Ghyslain VEDEUX le président du CRAN a conclu en ces termes, « La mise en place d’actions de formation pour les enseignants et futurs enseignants est urgente et des sanctions doivent aussi être appliquées à celles et ceux qui continueront à promouvoir ce crime contre l’humanité. »

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