Étiquettes

, ,

Les explications de Sébastien Desrosiers

 

 

Radio-Canada

Deux tueries commises vendredi dans autant de mosquées en Nouvelle-Zélande ont fait au moins 40 morts et une vingtaine de blessés à Christchurch, une ville de l’île du Sud. Quatre suspects, dont un Australien, ont été arrêtés à la suite de ces atrocités, a annoncé la première ministre Jacinda Arden. « On peut décrire cela comme une attaque terroriste », a-t-elle déclaré en conférence de presse.

Des quatre suspects appréhendés, trois ont des liens entre eux, selon les autorités. Le niveau d’alerte terroriste est passé de bas à élevé à la suite de l’attentat de vendredi.

Un peu après 14 h, heure locale, des coups de feu ont été entendus dans deux mosquées : l’une est située sur l’avenue Deans et l’autre sur l’avenue Linwood.

Trente personnes ont été tuées dans la mosquée Al Noor, la plus grande de la ville, tandis que les dix autres ont péri dans un lieu de culte de Linwood, en banlieue de Christchurch, selon le premier bilan des autorités.

« C’était bien planifié. Des explosifs artisanaux ont été trouvés et désamorcés », a expliqué Mme Arden. L’armée néo-zélandaise, qui est venue en appui aux policiers, a fait exploser de manière préventive un des sacs suspects qui ont été saisis.

« Christchurch était le domicile des victimes. Elles ne sont pas nées ici, mais elles se sont établies à cet endroit et se sont engagées à y élever leurs familles », a témoigné la première ministre.

Les assaillants de Christchurch n’étaient pas surveillés par les autorités policières, a ajouté Mme Arden.

Une femme répond aux questions des journalistes.« Nous avons été choisis parce qu’on représente la diversité, la gentillesse [et que nous] sommes un endroit pour les gens qui partagent ces valeurs », a déclaré la première ministre Jacinda Arden, lors d’une conférence de presse. Photo : Radio-Canada

Nous avons été choisis parce qu’on représente la diversité, la gentillesse [et que nous] sommes un endroit pour les gens qui partagent ces valeurs. Je peux vous assurer que ces valeurs ne peuvent pas et ne pourront pas être ébranlées.

Jacinda Arden, première ministre de la Nouvelle-Zélande

La première ministre a condamné avec vigueur les gens qui ont commis ces actes. « Vous nous avez choisis, mais nous vous rejetons », a-t-elle martelé.

La politicienne de l’Océanie a déclaré que les nations doivent être vigilantes à l’égard de l’extrémisme.

Le pays a été visé parce que les extrémismes n’existent pas ici, a-t-elle indiqué.

Jacinda Arden implore les internautes de ne pas partager les photos ou les images de l’attaque.

Il faudra du temps pour guérir les blessures, mais ce soir nos pensées sont dirigées vers ceux qui sont affligés.

Jacinda Arden
La caricature d'un kiwi, un oiseau, qui pleure.Ce dessin d’un kiwi qui pleure, l’emblème national de la Nouvelle-Zélande, circule sur les réseaux sociaux. Photo : Twitter

Précédemment, la police avait publié une vidéo sur son compte Facebook où elle affirmait avoir arrêté un premier suspect et invitait la population à demeurer chez elle. Toutes les mosquées du pays doivent demeurer fermées jusqu’à nouvel ordre.

Un attentat condamné

Le premier ministre australien Scott Morrison a confirmé qu’un des suspects était originaire d’Australie et que la violence était celle d’un « terrorisme d’extrême droite violent », sans identifier l’auteur de l’attaque.

« Nous sommes endeuillés, nous sommes sous le choc, nous sommes répugnés », a déclaré, émotif, M. Morrison.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a « fermement condamné » ces attaques meurtrières, y voyant un « nouvel exemple de la hausse de l’islamophobie ».

Dans une conférence de presse, le commissaire de la Police de Nouvelle-Zélande, Mike Bush, a fait état dans son point de presse de la présence en ligne d’une vidéo qui montrerait le carnage. Son authenticité n’a pu être vérifiée.

Sur Twitter, la police de la Nouvelle-Zélande a indiqué que les écoles avaient été placées en situation de confinement. Un peu avant 18 h, heure locale, l’état de confinement a été levé par les autorités.

En entrevue à ICI RDI, l’analyste en affaires policières Guy Ryan le long délai qui a précédé la présentation d’un bilan par les autorités laissait présager une « scène catastrophique ».

Réactions au Canada

Sur Facebook, le Centre culturel islamique de Québec a indiqué suivre « avec inquiétude » les événements se déroulant en Nouvelle-Zélande. En janvier 2017, Alexandre Bissonnette a ouvert le feu sur des membres de cette mosquée de la ville de Québec, faisant six victimes.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a écrit sur son compte Twitter qu’il condamnait le geste posé dans les deux mosquées. « La liberté a été attaquée en Nouvelle-Zélande alors que des fidèles ont été la cible d’un acte de terreur horrible », a-t-il écrit.

Même son de cloche du côté du chef néo-démocrate Jagmeet Singh. « Mon coeur est avec les familles des victimes et tous ceux touchés par cet acte de terreur », a-t-il aussi écrit sur Twitter.

Avec les informations de Reuters et de l’Agence France-Presse