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Marlène Schiappa contre la populiste Elise Lucet
C’est fou comme le populisme gagne des contrées insoupçonnées. Voici donc Elise Lucet marquée à son tour, par une ministre en exercice, du sceau infâme. La ministre, c’est Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Elle le dit ici.
Pour @MarleneSchiappa #EnvoyeSpecial et #cashinvestigation sont des émissions populistes parce qu’elles parlent des politiciens corrompus, véreux et préférerait qu’elles racontent de belles histoires
Plus que 3 ans à tenir, plus que 3 ans à tenir!!! pic.twitter.com/l9xksFbTmN— Paul Barimo 🏴☠️ (@paulbarmau) 28 mars 2019
C’est vrai, qu’est-ce qui lui prend, à la télévision publique, de se mêler de sales affaires de corruption, alors qu’elle pourrait raconter de « belles histoires » ?
Marlène Schiappa publie aujourd’hui son troisième livre depuis sa nomination au gouvernement, sans compter la réédition en poche d’un livre précédent. Pour mémoire, c’est la même serial publieuse qui, l’an dernier, pour la promo d’un précédent ouvrage, avait envoyé aux journalistes une invitation en piochant dans le fichier presse de son ministère, obligeant le premier ministre (peut-être lui aussi atteint du virus populiste) à reconnaître une « erreur humaine »
. Sans doute serait-il populiste de rappeler, comme à l’époque l’association Anticor, que ce délit de « détournement de finalité de fichier » est passible de cinq ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. Les populistes d’Anticor avaient d’ailleurs à l’époque saisi la CNIL qui, dans un bel effort de résistance au populisme, ne leur a jamais répondu.
Il serait scandaleusement populiste d’imaginer que l’aversion anti-Lucet de Marlène Schiappa est sans doute liée à un vieux contentieux envers Envoyé Spécial, qui lui avait consacré un portrait sans concession. Tout aussi populiste que d’estimer que Schiappa, détournant sans relâche depuis deux ans un combat nécessaire à des fins de promotion personnelle, défouraillant sans filtre contre tout ce qui conteste le pouvoir, est une incarnation parfaite du nouveau monde macronien. Puisqu’elle demande à Envoyé Spécial de « belles histoires », je préfère donc lui conseiller de regarder l’émission d’hier soir, qui racontait la belle histoire de Basir, ex-interprète de l’armée française en Afghanistan, qui dort aujourd’hui sous les ponts à Paris, avec son certificat d’ancien combattant et sa médaille. Garantie sans aucun populisme.
“Vous appelez ça un accueil, ça là ?”, après un second refus de visa, Basir a rejoint la France clandestinement. Il est SDF à Paris. #InterprètesAfghans #EnvoyeSpecial pic.twitter.com/06pwYtjRjm
— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) 28 mars 2019