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Theresa May ©REUTERS
La Première ministre britannique veut tenter de trouver un accord sur le Brexit avec le leader de l’opposition Jeremy Corbyn, tournant ainsi le dos aux Brexiters durs de son parti. Un report à la date du 22 mai devrait être réclamé à l’Union européenne.
Après un conseil des ministres marathon de plus de sept heures destiné à tenter de trouver une issue à l’impasse sur le Brexit, la Première ministre britannique Theresa May s’est exprimée depuis ses bureaux du 10 Downing Street pour appeler à l’unité nationale et demander l’aide du leader de l’opposition Jeremy Corbyn, afin de trouver (enfin) un accord. Elle compte rechercher avec lui une formule susceptible d’être soumise la semaine prochaine à l’Union européenne. L’homme s’est dit « très heureux » de la rencontrer.
« Je ne veux pas fixer de limites, d’une façon ou d’une autre, avant la tenue de ces discussions. Nous reconnaissons qu’elle a fait un geste« , a-t-il dit, se réservant néanmoins le droit de tenter de faire tomber le gouvernement s’il s’avérait incapable de réunir une majorité au parlement. « Notre responsabilité, en tant qu’opposition, est de faire en sorte que nous évitions une sortie catastrophique« , a-t-il ajouté.
L’objectif est de créer une passerelle entre les Brexiters soft du parti conservateur et du parti travailliste, et de trouver un compromis entre son accord conclu avec l’UE et le maintien de l’Union douanière souhaité par l’essentiel de l’opposition. Cette décision marque une rupture définitive entre Theresa May et l’aile droite du parti tory, avec des risques réels d’effondrement de son gouvernement.
Nouveau report
May a également indiqué qu’elle voulait réclamer un nouveau report du Brexit « aussi court que possible » et qui prendra fin lorsque le parlement aura adopté un accord de divorce. Actuellement prévue le 12 avril, la sortie pourrait être postposée au 22 mai. Quatorze ministres s’y sont opposés en conseil des ministres, préférant un no deal ou une extension courte, a indiqué le Times. Dix autres seraient favorables à une extension longue, tandis que deux se seraient abstenus.
L’ancien secrétaire au Foreign Office Boris Johnson, ardent partisan du Brexit, a d’ailleurs estimé que les nouveaux projets de Theresa May reviendraient à confier les rênes du pays à l’Union européenne. « Il semble plus que probable que la politique commerciale de la Grande-Bretagne et que certaines prérogatives législatives seront confiées à Bruxelles, sans que le Royaume-Uni ait son mot à dire« , a-t-il ainsi écrit sur Twitter.
« Aujourd’hui, je prends une initiative pour sortir de l’impasse. Je propose de discuter avec le chef de l’opposition afin de tenter de s’entendre sur un plan auquel nous nous tiendrons l’un et l’autre pour faire en sorte que nous quittions l’Union européenne avec un accord. »
« Même si, après aujourd’hui, nous ne savons pas quel sera le résultat final, soyons patients« , a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk sur Twitter.
La livre britannique s’est redressée après cette annonce. Vers 21h, la devise britannique s’échangeait à 85,33 pence pour un euro au lieu de 85,58 pence lundi soir à 23h. Elle s’appréciait aussi face au billet vert, à 1,3121 livre pour un dollar contre 1,3103 la veille.
