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Theresa May au Parlement britannique ©EPA

Les députés ont de nouveau rejeté les quatre options alternatives sur le Brexit. L’avantage revient à l’accord de Theresa May, qu’elle devrait proposer une quatrième fois d’ici la fin de la semaine.

Quinze votes, 0 majorité. Les députés des Communes ont de nouveau rejeté les quatre options alternatives sur le Brexit, sur lesquelles ils s’étaient déjà prononcés la semaine dernière. En plus des huit options de mercredi dernier et des trois votes négatifs sur l’accord de Theresa May depuis le 15 janvier, le signal des parlementaires est plus clair que jamais: aucune solution ne les convainc.

L’une des options a frôlé le passage ce lundi soir: celle sur le maintien de l’Union douanière proposée par le conservateur Ken Clarke. Celle-ci, majoritairement soutenue par les travaillistes, n’a été rejetée que de trois voix, contre six la semaine dernière. 37 conservateurs, contre 33 mercredi dernier, ont voté en faveur de ce plan. Il est possible qu’il soit plus proche de la majorité s’il est proposé une troisième fois, mais il est clair que les partisans d’un Brexit soft attendaient cette majorité dès ce lundi soir.

Ce rejet constitue une victoire pour les Brexiters, qui ont fait pression tout le week-end pour que Theresa May envoie des signaux clairs à destination de ceux qui pensaient qu’une telle solution pourrait, en cas de vote favorable, être présentée à Bruxelles le 10 avril. Theresa May avait d’ailleurs appelé au boycott de l’ensemble des votes alternatifs, afin d’éviter de se retrouver dans une situation contradictoire: prévenir les députés et l’opinion publique des risques d’un Brexit sans accord, et en même temps refuser d’endosser leurs choix majoritaires.

Elle avait clairement indiqué la semaine dernière que les choix majoritaires du Parlement sur ces votes alternatifs ne seraient pas forcément appliqués par son gouvernement. Mais la deadline fixée par Bruxelles approche… Faire sien le maintien de l’union douanière l’aurait exposée à une révolte majeure de son cabinet, voire à l’explosion de son gouvernement.

La sortie de l’Union douanière est, depuis le référendum sur le Brexit, la principale ligne rouge des Brexiters durs, qui veulent être libres de négocier des accords commerciaux avec le monde entier après la sortie britannique de l’Union européenne. Cette série de rejets donne donc raison à May. Elle suggère en tout cas que ce n’est pas seulement son accord – conclu le 25 novembre avec l’UE – que les députés rejettent, mais bien l’ensemble des solutions censées permettre une sortie de crise.

La Première ministre a maintenant les mains libres pour proposer une quatrième fois son accord au Parlement.

Les trois autres options rejetées sont celle du marché commun 2.0, proposée par le député conservateur Nick Boles. 188 députés ont voté pour, 283 contre. Boles a démissionné de sa fonction dès l’annonce du résultat. L’option d’un référendum pour valider tout accord sur le Brexit a été rejetée par 295 voix contre 268. Un dernier amendement prévoyant des mesures pour empêcher le Royaume-Uni de quitter l’Union européenne sans accord n’a pas été plus convaincant.

Les irréductibles Tories peuvent-ils changer d’avis sur l’accord de May? La Première ministre a maintenant les mains libres pour proposer une quatrième fois son accord au Parlement. Celui-ci a été rejeté de 230 voix le 15 janvier, de 149 voix le 12 mars, puis de 58 voix le 29 mars. Des projections arithmétiques primaires mènent à un résultat favorable lors du prochain vote, qui pourrait être soumis aux Communes dès mercredi, si le speaker John Bercow ne s’y oppose pas. Mais tout ne sera pas aussi simple.

Le DUP nord-irlandais continue de s’opposer systématiquement à tout solution impliquant un filet de sécurité à la frontière irlandaise. Quelques-uns de ses dix députés seraient prêts à changer d’avis au dernier moment, mais cela ne lèvera pas forcément les réticences de la trentaine de conservateurs tories réputés irréductibles. Le processus du Brexit n’est donc pas plus avancé aujourd’hui qu’il était vendredi soir.

En cas de nouveau rejet de l’accord de Theresa May, le pourrissement du processus sera proche. L’hypothèse d’élections anticipées est loin de convaincre les conservateurs, surtout au regard des derniers sondages. L’un d’eux a indiqué que le parti travailliste était passé devant le parti conservateur dans les intentions de vote. Le spectre du non-accord est bien entendu dans tous les esprits, mais peu d’observateurs veulent croire que l’UE sera prête à punir le Royaume-Uni avec une exclusion immédiate, si une solution n’est pas trouvée d’ici là.

A plus forte raison si les Britanniques acceptent de prendre part aux prochaines élections européennes.

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